Un condamné à mort américain a choisi vendredi de mourir fusillé plutôt que par injection mortelle, le 18 juin dans l'Utah, une première depuis 1996 dans cet État qui est le seul aux États-Unis à pratiquer encore les deux méthodes, a-t-on appris de source judiciaire.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Un juge chargé de fixer la date de l'exécution a demandé au condamné, Ronnie Gardner, lors d'une audience, comment il préférait être exécuté. «M. Gardner a choisi le peloton d'exécution», a affirmé à l'AFP son avocat Andy Parnes, sans plus de précision.

«La date d'exécution a été fixée au 18 juin», a indiqué à l'AFP Nancy Volmer, porte-parole du tribunal local de l'Utah chargée du dossier.

M. Gardner avait obtenu début avril que l'État lui fournisse le détail des procédures pour l'injection mortelle et le peloton d'exécution afin de l'aider à faire son choix.

L'Utah est le seul État des États-Unis qui a fusillé des condamnés à mort depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, selon le Centre d'information sur la peine de mort (DPIC).

Le dernier peloton d'exécution y a été organisé en 1996.

Cette méthode de mise à mort a finalement été abolie en mai 2004 mais les condamnés à la peine capitale entrés dans le couloir de la mort avant cette date conservent le choix. M. Gardner a été condamné en 1985 pour le meurtre d'un avocat pendant qu'il tentait de s'enfuir du tribunal où il était jugé pour une attaque à main armée.

Seul l'Oklahoma a conservé dans ses statuts la possibilité de fusiller un condamné à mort mais uniquement si la méthode d'injection mortelle était déclarée inconstitutionnelle.

Âgé de 49 ans, Ronnie Gardner a passé plus de la moitié de sa vie dans le couloir de la mort. Comme tout condamné à mort en a la possibilité, il a, selon la presse locale, plusieurs fois renoncé à ses appels et demandé une date d'exécution. Mais il a chaque fois repris ses recours, jusqu'à les épuiser.

Il peut encore demander au comité des grâces de l'État de commuer sa peine en perpétuité réelle.

Les deux précédents condamnés morts sous les balles dans l'Utah avaient abandonné leurs appels.

En 1977, Gary Gilmore a choisi le peloton d'exécution plutôt que la pendaison. Son histoire avait été racontée par Norman Mailer dans «Le chant du bourreau» qui avait obtenu le prix Pulitzer en 1981.

Le dernier peloton d'exécution a été organisé dans l'Utah en 1996 pour l'exécution de John Albert Taylor, 36 ans, pour le viol et le meurtre d'une enfant de 11 ans.

Selon The Salt Lake City Tribune, il avait choisi d'être fusillé «pour mettre l'Utah dans l'embarras puisque c'est le seul État américain à autoriser cette méthode d'exécution». Le journal raconte que cinq bourreaux avaient fait feu de concert à cinq reprises, l'un des fusils étant chargé à blanc, contre le condamné, attaché à une chaise la tête recouverte d'une cagoule, une cible en tissu attachée à la hauteur de son coeur.

L'Utah compte aujourd'hui dix hommes dans son couloir de la mort, selon le DPIC.

La méthode d'exécution la plus utilisée aux États-Unis est l'injection mortelle, qui consiste en général en la diffusion de trois produits, un qui endort, un qui paralyse les muscles et un qui arrête le coeur.

Un seul condamné à mort, Paul Powell, 31 ans, a demandé en 2010 à mourir sur la chaise électrique, dans l'État de Virginie.