L'adoption le mois dernier de la réforme qui étend la couverture maladie à des millions d'Américains a redoublé la fureur des militant du «Tea Party» opposés à la politique budgétaire de Barack Obama.

Virginie Montet AGENCE FRANCE-PRESSE

Ces conservateurs aux accents populistes, qui adulent l'ex-candidate à la vice-présidence républicain Sarah Palin, se sentent même le vent en poupe lorsqu'ils dénoncent les dépenses sans précédent engagées par l'État fédéral pour soutenir l'économie, sauver les banques ou l'industrie automobile.

Plus d'un millier de manifestants, brandissant des pancartes comme «Obama marxiste», se sont rassemblés jeudi à Washington pour la dernière manifestation d'une série organisée dans tout le pays pour réclamer «moins d'État». Ils ont entonné chants patriotiques et prières à quelques pas de la Maison-Blanche en ce 15 avril, date limite pour envoyer sa déclaration d'impôts au fisc.

Le mouvement des «Tea Party», lancé l'année dernière après l'élection du premier président noir, s'inspire des révoltés de 1773 mécontents des impôts de l'Empire britannique sur le thé. Ces derniers avaient jeté des cargaisons de thé dans le port de Boston.

Mme Palin, égérie des ultra-conservateurs, a participé à plusieurs de ces manifestations mais n'était pas présente pour cette réunion dans la capitale fédérale.

Selon un sondage New York Times/CBS publié jeudi, 18% des Américains s'identifient au mouvement des Tea Party. Ce sont majoritairement des hommes, républicains, blancs et âgés de plus de 45 ans, selon cette enquête.

 «Obama, pirate des impôts», «Quand le Congrès est en session, votre argent n'est pas en sécurité», «Washington, nous ne sommes pas ton distributeur de billets»: les pancartes rivalisaient d'invectives pour stigmatiser la politique de l'administration démocrate, lors de ce rassemblement minutieusement organisé, avec podium et chanteur noir.

«L'État: voilà le problème», «L'Amérique, tu l'aimes ou tu t'en vas», disaient d'autres pancartes, alors que chaque participant où presque brandissait le drapeau jaune frappé d'un serpent à sonnette, «Ne me marchez pas dessus», symbole de la Révolution américaine contre les Anglais. 

«C'est fabuleux. Notre mouvement qui part de la base est en train de grossir. Nous sommes mécontents du système budgétaire fédéral qui devient corrompu», a indiqué à l'AFP, Ken Hoagland, un des organisateurs.

«Dès demain, notre mouvement va continuer à croître et (...) forcera le changement à la tête du gouvernement», a-t-il affirmé.

Beaucoup de retraités mais aussi des jeunes, venant de différents États, dénonçaient le déficit budgétaire record du pays: «L'État dépense de l'argent qu'il n'a pas», a affirmé Dustin Ballard, garagiste de 23 ans de Virginie voisine. «Je suis venu pour grossir le nombre».

«Je suis là pour défendre la liberté qui est en danger», affirmait Helen Kelly, une retraitée du Texas (sud) qui ne peut digérer l'adoption au Congrès «de façon anticonstitutionnelle», selon elle, de la loi sur la réforme de l'assurance santé.

Au micro, un pasteur proclame que l'administration fédérale «n'a que deux tâches légitimes: rendre la justice et défendre les frontières». Au-delà de ces prérogatives, la réforme de la santé comme le renflouement des banques «sont en violation de la loi suprême de l'univers», assure le pasteur David Whitney, sous les applaudissements.