Le chef des Marines, corps d'élite de l'armée américaine, a dit jeudi qu'il était opposé à la levée du tabou homosexuel dans l'armée, initiative que préconise le président Barack Obama.

Mis à jour le 25 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le général James Conway, qui s'exprimait devant la commission de la Défense du Sénat, est le premier haut gradé à donner ouvertement un avis contraire à celui du président américain sur la question.

«Le meilleur avis que je puisse donner en tant que militaire à cette commission, au secrétaire (à la Défense) et au président est de conserver la loi en l'état», a dit le général Conway.

La loi actuelle, datant de 1993 et baptisée «Don't ask, don't tell» («Ne rien demander, ne rien dire»), impose aux militaires homosexuels de ne pas dévoiler leur orientation sexuelle, sous peine d'être exclus de l'armée.

«Est-ce que nous améliorons les capacités militaires du corps américain des Marines en autorisant les homosexuels à servir ouvertement (dans l'armée)?», a demandé sous forme purement rhétorique le général Conway, soulignant que la politique actuelle fonctionnait.

Sa position, qui devrait alimenter le débat sur la question au Congrès et reflète l'appréhension d'autres militaires de haut rang, est en totale opposition avec celle du chef d'état major interarmées, l'amiral Michael Mullen, qui a estimé récemment que lever l'interdiction faite aux militaires homosexuels d'évoquer leur orientation sexuelle serait «la bonne chose à faire».

Le ministre de la défense, Robert Gates, avait appelé à un examen de la loi «don't ask, don't tell», pour tenter de voir quels seraient les effets de son abrogation.