Le président Barack Obama donne ce mardi soir une conférence de presse à un moment délicat du grand combat mené par sa jeune administration contre la crise économique, et à l'approche d'importants rendez-vous internationaux.

AGENCE FRANCE-PRESSE

M. Obama se prête mardi à 20H00 locales à la deuxième grande conférence de presse de sa présidence.

Au 64e jour de la présidence, ce rendez-vous avec les journalistes fait partie d'une campagne destinée à faire entendre le message de l'administration, couvert par le premier grand scandale de l'ère Obama, et à inspirer une certaine confiance à des Américains confrontés à leur pire récession depuis la Grande dépression des années 30.

«Le président croit nécessaire de poursuivre le dialogue avec les Américains pour dire où nous nous trouvons et où nous allons (...) pour donner aux gens une idée de ce que nous faisons et de là où nous allons», a dit le porte-parole de M. Obama, Robert Gibbs.

«Ils peuvent ne pas aimer toutes les décisions qu'il prend, mais je crois qu'il juge important qu'ils comprennent pourquoi il prend les décisions qu'il prend», a-t-il dit.

La semaine passée a été la plus dure de la jeune administration, après la révélation que le géant de l'assurance AIG avait versé 165 millions de primes à certains de ses salariés alors qu'il ne devait son salut qu'aux injections d'argent de l'Etat.

Si M. Obama reste populaire, avec plus ou moins 60% d'opinions favorables, cette affaire a suscité une indignation susceptible de compliquer les plans du président pour sortir de la crise. Elle a aussi fragilisé un membre essentiel de son gouvernement, le secrétaire au Trésor Tim Geithner.

Or M. Obama a de durs combats en perspective. Les mesures de rétorsion que le Congrès envisage actuellement après l'affaire AIG risquent de faire peur à tous ceux qui pourraient bénéficier de nouvelles mesures de secours.

Alors que l'administration Obama examine attentivement les éventuels besoins supplémentaires des banques, tout nouveau renflouement risque de se heurter à l'opposition du Congrès.

Et M. Obama doit aussi défendre son premier budget, qui ne braque pas seulement ses adversaires républicains à cause du déficit record qu'il prévoit, mais fait aussi tiquer ses amis démocrates.

M. Obama et son secrétaire au Trésor ont paru lundi savourer un précieux répit quand les bourses ont réagi favorablement à un plan pour débarrasser les banques de leurs avoirs toxiques. Mais M. Geithner était à nouveau sur le gril mardi au Congrès.

La conférence de presse aura lieu à un moment déjà charnière pour la politique étrangère de M. Obama.

Il doit participer à un sommet réunissant le 2 avril à Londres les dirigeants des pays industrialisés et des économies émergentes pour trouver une réponse concertée à la crise. Aussitôt après, il doit prendre part à son premier sommet de l'Otan.

Dans les tout prochains jours, il doit annoncer une nouvelle stratégie pour l'Afghanistan, l'une de ses grandes priorités.

A Londres, M. Obama aura ses premiers entretiens en tête-à-tête avec des partenaires aussi importants que les présidents russe et chinois, Dmitri Medvedev et Hu Jintao.

Les défis iranien et nord-coréen demeurent entiers, malgré le message historique adressé la semaine passée aux dirigeants de la République islamique. Et la Corée du Nord s'apprête à procéder à ce qu'elle présente comme le lancement d'un satellite et qui est fortement soupçonné d'être un tir de missile.

Au Proche-Orient, les experts s'inquiètent que la formation du prochain gouvernement israélien n'augure rien de bon pour l'effort de paix avec les Palestiniens.