La commission du Renseignement du Sénat va se pencher sur la façon dont la CIA a géré les interrogatoires de suspects de terrorisme, et notamment sur la simulation de noyade et les méthodes d'interrogatoire musclées, a indiqué vendredi à l'AFP une source au Sénat.

Mis à jour le 27 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

La commission sénatoriale devrait officialiser vendredi l'initiative et préciser ses objectifs et son champ de recherche.

L'étude se basera sur des témoignages officiels et des documents classés, examinera les méthodes de l'agence de renseignement, et cherchera à déterminer si elles ont produit des renseignements utiles.

«L'examen portera sur les dispositifs d'interrogatoires et de détention», a indiqué cette source à l'AFP qui a précisé que les auditions de témoins par la commission ne seront pas publiques.

Ce processus devrait durer six mois à un an, selon la même source.

«Cela sera un examen (des pratiques) et non une enquête, et son but sera seulement une recherche des faits afin d'en tirer les leçons», a ajouté la même source qui s'est refusée à préciser quelle utilisation serait faite des conclusions.

Selon le New York Times, «l'étendue de cette enquête fait toujours l'objet d'un débat au sein de la commission».

Ainsi, l'examen de la pratique de la simulation de noyade («waterboarding») pourrait faire partie des travaux de la commission.

Des responsables s'exprimant sous le couvert de l'anonymat ont indiqué au Washington Post de vendredi que l'analyse n'était pas destinée à fournir un avis pour de possibles actions judiciaires.

«Nous allons rassembler des informations pour aller de l'avant et contribuer à influencer les politiques à venir», a indiqué un parlementaire au journal, sans préciser si le résultat de ces travaux serait rendu public.

Un autre responsable a indiqué au quotidien que l'enquête devrait porter sur les prisons secrètes de la CIA, qui ont accueilli jusqu'à 100 terroristes présumés depuis 2002 sur au moins deux continents autres que l'Amérique.

Selon d'anciens responsables de l'agence de renseignement, les méthodes musclées et la simulation de noyade ont fourni des informations qui ont permis d'éviter plusieurs attentats aux Etats-Unis depuis le 11-Septembre.

Vendredi, l'influente Association américaine de défense des libertés civiles (ACLU) a indiqué dans un communiqué qu'elle «salue l'enquête de la commission, et appelle celle-ci à rendre publics ses travaux et conclusions».

La commission des Affaires judiciaires du Sénat a indiqué de son côté mercredi qu'elle allait examiner le 4 mars les moyens d'ouvrir une enquête sur les dérives judiciaires des années Bush.

Le président de cet organe, le démocrate Patrick Leahy, avait indiqué début février qu'il souhaitait la mise en place d'une commission indépendante pour enquêter sur les dérives, notamment à l'intérieur des frontières américaines, de l'administration Bush dans le cadre de sa «guerre contre le terrorisme».