La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a chargé Dennis Ross, fin connaisseur du Moyen-Orient et négociateur aguerri, de la conseiller sur la stratégie à adopter vis-à-vis de l'Iran, un pays avec lequel Washington cherche prudemment à ouvrir le dialogue.

Mis à jour le 24 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

La chef de la diplomatie américaine «est heureuse d'annoncer la nomination de Dennis B. Ross au poste de conseiller spécial auprès de la secrétaire d'Etat pour le Golfe et l'Asie du Sud-Ouest», a indiqué un porte-parole du département d'Etat, Robert Wood, dans un communiqué.

Publié subrepticement lundi en fin de soirée, le communiqué ne mentionne pas une seule fois l'Iran, qui est pourtant le principal objectif de cette nomination, attendue depuis plusieurs semaines.

«C'est une région dans laquelle les Etats-Unis mènent deux guerres et sont confrontés aux défis de combats persistants, du terrorisme, de la prolifération, de l'accès à l'énergie, du développement économique et du renforcement de la démocratie et de l'Etat de droit», indique simplement le communiqué.

La prolifération et l'accès à l'énergie nucléaire sont les principaux points de contentieux avec l'Iran, qui poursuit des activités controversées d'enrichissement de l'uranium contre le voeu des Occidentaux.

Interrogé mardi à ce sujet, M. Wood a expliqué que l'Iran figurait dans le portefeuille de M. Ross, mais qu'il était chargé d'élaborer une stratégie plus large, impliquant l'ensemble de la région, y compris l'Irak et l'Afghanistan, deux pays que Washington accuse l'Iran de déstabiliser.

«Il va donner à la secrétaire d'Etat des conseils stratégiques. Il s'efforcera également de s'assurer que notre politique et notre stratégie dans la région sont cohérentes», a ajouté le porte-parole.

«La raison pour laquelle nous n'avons pas mentionné l'Iran, c'est que ses fonctions vont englober l'ensemble de la région», a-t-il déclaré. «Ce n'est pas seulement l'Iran, c'est aussi d'autres pays dans la région, d'autres problèmes.»

Le porte-parole a tenté d'expliquer comment le département d'Etat allait concilier les attributions des trois conseillers de haut vol nommés depuis l'arrivée d'Hillary Clinton à la tête de l'administration américaine.

M. Ross devra composer avec l'ancien sénateur George Mitchell, artisan de la paix en Irlande du Nord, aujourd'hui «émissaire spécial» pour le Proche-Orient, et le bouillant Richard Holbrooke, artisan des accords de Dayton qui mirent fin à la guerre en Bosnie-Herzégovine, «représentant spécial» pour l'Afghanistan et le Pakistan.

M. Ross «n'est pas un émissaire», a souligné M. Wood. «Il ne négociera pas. Il travaillera sur les dossiers de la région mais il ne négociera pas le processus de paix» israélo-palestinien. «Ce sera un conseiller de la secrétaire d'Etat», a-t-il ajouté.

Ancien négociateur au Proche-Orient de Bill Clinton, Dennis Ross était devenu un expert du processus de paix israélo-palestinien au Washington Institute for Near East Institute, un centre de recherche de Washington considéré comme proche d'Israël.

Sa nomination comme conseiller de Mme Clinton, sous une appellation ou une autre, faisait l'objet d'intenses spéculations depuis plusieurs semaines, certains experts voyant en lui un moyen pour l'administration du président Barack Obama de rassurer Israël au moment où elle annonce son intention d'ouvrir le dialogue avec l'Iran.