Mis à jour le 12 févr. 2009
Larry Neumeister ASSOCIATED PRESS

 

L'artiste Shepard Fairey, qui a créé une célèbre affiche de Barack Obama dans le style Andy Warhol, a intenté une action en justice contre l'Associated Press. Son objectif: faire reconnaître qu'en changeant radicalement la nature de l'image, il n'a pas violé la loi sur les droits d'auteur.

L'Associated Press estime au contraire qu'elle doit être créditée pour la photographie et percevoir une compensation financière pour son utilisation. Le cliché a été pris par Mannie Garcia, photographe travaillant pour AP, en avril 2006 au National Press Club à Washington.

L'oeuvre de Shepard Fairey, diffusée sur des badges, des affiches et des sites internet, est devenue très populaire. Stylisée façon Andy Warhol, en rouge, blanc et bleu, avec l'inscription «Hope» (espoir), elle montre un Obama pensif, le regard tourné vers le ciel.

L'action en justice a été intentée lundi par l'artiste devant un tribunal de New York. Ses avocats reconnaissent que ce dernier a bien utilisé la photographie. Mais ils soulignent qu'il a transformé l'original en une «image visuelle étonnante, abstraite et idéalisée qui crée une signification nouvelle puissante, et porte un message radicalement différent».

Le porte-parole d'AP Paul Colford a fait savoir que l'agence ne ferait pas de commentaire dans l'immédiat. L'Associated Press avait précisé la semaine dernière être en discussion avec l'avocat de l'artiste pour un règlement à l'amiable.

L'agence de presse n'a pas porté plainte contre Shepard Fairey, mais, selon les documents de la procédure intentée par l'artiste, elle a menacé deux fois de le faire, considérant que toutes les posters et objets inspirés de l'affiche «Obama Hope» tombent sous le coup de la loi sur les droits d'auteurs.

La procédure intentée par Shepard Fairey mentionne que l'oeuvre d'art était destinée à «inspirer, convaincre et transmettre la force des idéaux d'Obama, ainsi que son potentiel en tant que dirigeant, à travers une métaphore graphique». Elle précise aussi que Shepard Fairey a commencé à distribuer ses portraits du futur président au début de l'année 2008 et qu'Obama l'a remercié dans une lettre datée du 22 février pour sa contribution à la campagne présidentielle.

«Cela revient à supprimer la liberté d'expression de l'artiste», a estimé Shepard Fairey, interrogé sur l'attitude d'AP. L'affaire a été portée en justice le jour même où l'artiste de 36 ans, habitant à Los Angelès, plaidait non coupable dans deux procès concernant des graffitis sur des propriétés privées.