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L.A. s'attend au pire

Arrêtez-vous à un feu rouge au centre-ville de Los Angeles et quelqu'un tendra... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Photo: André Pichette, La Presse

(Los Angeles) Arrêtez-vous à un feu rouge au centre-ville de Los Angeles et quelqu'un tendra la main vers votre voiture. Passez sous un viaduc et vous verrez des silhouettes endormies. Déposez une boîte contenant deux ou trois pointes de pizza sur un conteneur dans la ruelle. Revenez 15 minutes plus tard et elle aura disparu.

Le problème des sans-abri est omniprésent à L.A. Chaque soir, 73 000 hommes, femmes et enfants dorment dans les rues. C'est la plus grande concentration de sans-abri au pays. Les services, inadéquats, offrent à peine 15 000 lits.

 

La récession qui frappe les États-Unis jette de plus en plus de familles à la rue. Le problème est généralisé: ce mois-ci, une étude a révélé que, dans 19 des 25 plus grandes villes aux États-Unis, le nombre de sans-abri s'accroît.

«Ça fait 12 ans que je travaille ici, et je n'ai jamais vu une situation pareille, explique Joel John Roberts, directeur du centre PATH, un organisme de services multiples pour sans-abri à Los Angeles. Et les choses ne vont pas en s'améliorant. Les gens perdent leur maison à un rythme jamais vu. C'est foudroyant.»

Beaucoup de nouveaux sans-abri, dit-il, ne correspondent pas au stéréotype de l'homme solitaire qui dort sur un banc de parc. «Nous voyons des familles, des gens de la classe moyenne qui ont tout perdu. Ces gens ne sont pas habitués à demander de l'aide. Ils ont été indépendants toute leur vie.»

Le centre qu'il dirige compte 90 lits pour femmes et enfants. Tous sont occupés. La demande risque encore d'augmenter avec la saison des pluies et des températures qui frôlent le point de congélation la nuit.

Selon M. Roberts, l'afflux de sans-abri rappelle les périodes difficiles du début des années 80. «Mais, à cette époque, le problème était relativement nouveau. Les gens voulaient aider. Vingt-cinq ans plus tard, l'itinérance est un vieux problème. Les gens trouvent que rien ne bouge. Alors ils ne font plus de dons.»

À la rue

L'épidémie des reprises d'hypothèque (foreclosure) qui frappe les États-Unis touche même les gens qui ne sont pas propriétaires d'une maison.

C'est ce qu'a vécu, il y a quelques années, Kay Ebeling, une mère de famille de L.A. Elle payait son loyer à temps, mais le propriétaire de son immeuble ne payait pas son hypothèque. L'immeuble a été saisi. Mme Ebeling s'est retrouvée à la rue durant deux ans. Elle a eu recours de temps à autre aux services de l'organisme PATH.

«Nous vivions dans ma voiture, a-t-elle récemment écrit dans son blogue. Et ce, même si j'avais un emploi chez Paramount, sur le plateau de Dr. Phil.»

Selon plusieurs observateurs, la situation ne fera qu'empirer. Les mises à pied et les reprises d'hypothèque ne sont pas sur le point de s'arrêter aux États-Unis.

Selon Joel John Roberts, Washington devrait verser plus d'argent aux organismes d'aide. Fier supporter d'Obama, il est d'avis que le président désigné devra consacrer toute son énergie à tenter de redresser la situation économique aux États-Unis.

«Obama a de bonnes idées et une bonne attitude, dit-il. Il a quatre ans pour remettre le pays sur pied. Il n'a pas causé la récession. Mais il en hérite: si la crise n'est pas résolue, les gens ne voteront pas pour lui dans quatre ans.»

 




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