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Les États-Unis arrosent le 75e anniversaire de la fin de la Prohibition

Barack Obama prend une bière.... (Photo: Reuters)

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Barack Obama prend une bière.

Photo: Reuters

Agence France-Presse
Washington

Il y a 75 ans tout juste, les Etats-Unis mettaient fin à la Prohibition, une période où l'alcool était strictement interdit dans tout le pays mais qui a vu les bars clandestins fleurir et le crime organisé exploser.

En 1920, un amendement constitutionnel, à l'initiative de conservateurs brandissant des arguments moraux et de santé publique, interdisait la fabrication, la vente, le transport, l'importation et l'exportation de boissons alcoolisées. En 1933, l'interdiction était levée pour des raisons économiques.

Soixante-quinze ans plus tard, les bars de Washington vont être autorisés à servir de l'alcool jusqu'à 05H00 du matin, mais seulement du 17 au 20 janvier... à l'occasion de l'investiture du président Barack Obama. Les bars ferment normalement à 02H00 en semaine et à 03H00 le week-end dans la capitale américaine.

Le mouvement en faveur de l'interdiction de l'alcool s'est imposé au lendemain de la Première guerre mondiale, rappelle l'économiste Mark Thornton, de l'Institut Ludwig von Mises en Alabama (sud).

«L'impôt sur le revenu a été instauré en 1913 et une fois que la guerre a été terminée et que les revenus ont augmenté, le secteur des boissons alcoolisées a perdu l'argument selon lequel il représentait une grosse source de revenus pour le gouvernement fédéral», explique-t-il.

En 1920, les Etats-Unis se lancent donc dans ce qui sera surnommée la «Noble expérience». Certains estiment qu'elle a été positive, du moins en partie.

«Pendant une longue période après la fin de la Prohibition, le niveau de consommation d'alcool est resté bas», souligne l'historienne Amy Mittelman, auteur d'un livre sur la bière.

«Si le but de la Prohibition était de freiner la consommation d'alcool ou de limiter ses abus, alors elle y a réussi dans une certaine mesure».

Mais, souligne-t-elle, «dans les grandes villes comme New York, Washington, Chicago ou San Francisco, elle n'a jamais été acceptée et cela a favorisé le non-respect des lois et l'anarchie».

Les défenseurs de la Prohibition affirmaient qu'elle allait «renforcer la démocratie et améliorer le processus politique, réduire la criminalité et la corruption, améliorer la santé, faire baisser la dépendance», rappelle Mark Thornton.

Mais le nombre d'actes criminels, surtout violents, a été multiplié par deux pendant les 13 ans de la Prohibition. «La corruption a été favorisée et est devenue courante» aussi bien au niveau local que fédéral, raconte M. Thornton.

«Le crime organisé est entré en scène. Il était très peu présent au début du XXe siècle, mais avec la Prohibition il est devenu endémique dans les grandes villes américaines» avec des gangsters de légende comme Al Capone.

Des gangs violents ont fait leur apparition, vivant de la fabrication d'alcool de contrebande et de sa vente sous le manteau, souvent dans des bars clandestins, les «speakeasies».

Mais c'est pour d'autres raisons que la Prohibition a cessé en 1933. Quatre ans après la crise de 1929, «les Etats, le gouvernement fédéral et les collectivités locales étaient tous à court de ressources, les gens se révoltaient contre les taxes dans tout le pays», explique Mark Thornton.

Le 5 décembre 1933, le 21e amendement abolissait la Prohibition, chaque Etat fédéré pouvait à nouveau appliquer ses propres règles en matière d'alcool et les taxes sur les boissons alcoolisées recommençaient à remplir les coffres publics.

Aujourd'hui, certains Etats sont plus stricts que d'autres, comme l'Alabama: «c'est l'Etat lui-même qui vend le whisky et les réglementations sur la bière éliminent la plupart des meilleurs marques européennes», observe Mark Thornton.

D'ailleurs, se souvient-il, c'était là la principale préoccupation des 40 cadres de Mercedes-Benz venus dans les années 1990 y implanter une usine du constructeur automobile allemand.




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