Des aéroports islandais, notamment l'aéroport international de la capitale Reykjavik, ont été fermés vendredi pour la première fois depuis le début de l'éruption du volcan Eyjafjöll, alors que des milliers de personnes dans le monde cherchent toujours à regagner leur pays.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Epargnés depuis huit jours, «les aéroports de Reykjavik et Keflavik sont fermés jusqu'à 12H00 GMT vendredi et probablement plus longtemps», ont déclaré les autorités aéroportuaires islandaises.

«Les vents ont tourné et ont ramené les cendres vers Reykjavik et Keflavik», a expliqué une porte-parole à l'AFP.

Les restrictions ne s'appliquent qu'aux aéroports situés dans le sud et l'ouest de l'île. Ceux situés dans le nord et l'est demeurent pour l'instant ouverts, si bien que «l'Islande n'est pas fermée», a-t-elle insisté.

Les restrictions de vol sur la capitale islandaise interdisent les décollages et atterrissages aux instruments, mais ces manoeuvres sont autorisées à vue, car il fait très beau sur Reykjavik.

L'éruption de l'Eyjafjöll le 14 avril et son panache de cendres avaient provoqué un chaos sans précédent avec la fermeture d'une bonne partie de l'espace aérien européen et ce n'est qu'une semaine plus tard, mercredi, que la situation a commencé à revenir à la normale. Paradoxalement, pendant toute la crise, les aéroports islandais étaient restés ouverts.

Du côté du volcan, après une très légère augmentation de l'émission de cendres dans la nuit, le panache était revenu vendredi à son aspect habituel et peu menaçant de ces derniers jours.

«La nuit dernière, il a semblé y avoir une augmentation d'émission de cendres pendant un moment mais, maintenant, c'est de nouveau en majorité de la vapeur» qui s'échappe du cratère, a-t-on indiqué à la protection civile.

En dépit du retour à la normale pour le trafic aérien dans la quasi-totalité de l'Europe, des milliers de personnes cherchaient toujours vendredi à regagner leur pays, étant toujours bloquées du fait de la désorganisation totale des vols pendant une semaine.

Le ministère français des Affaires étrangères a débloqué un million d'euros pour les Français encore coincés à l'étranger et qui n'auraient pas les moyens de rentrer.

Selon le ministre Bernard Kouchner, «moins de 30.000» personnes étaient toujours en attente à l'étranger jeudi soir. Les autorités françaises ont fait savoir que des vols «supplémentaires» étaient planifiés jusqu'au week-end, «notamment vers les destinations les plus critiques».

À l'aéroport de Mexico, Air France pense pouvoir terminer «samedi soir, dimanche au plus tard», l'acheminement d'un peu plus de 300 passagers encore dans l'attente d'un vol pour Paris ou d'autres destinations européennes.

«Nous ne partirons pas aujourd'hui, et probablement pas demain non plus», constatait Piotr, Polonais de 31 ans.

Plus de 5.000 Belges étaient encore bloqués vendredi à l'étranger, selon le ministère des Affaires étrangères à Bruxelles: plus de 2.000 en Tunisie, plus de 2.000 au Caire, plus de 1.000 en Turquie, ainsi que plusieurs centaines à Bangkok et aux États-Unis.

La présidence espagnole de l'Union européenne a annoncé vendredi avoir convoqué un conseil extraordinaire des ministres des Transports de l'UE le 4 mai à Bruxelles.

Cette semaine de paralysie «a mis en évidence la nécessité d'une réflexion commune pour aborder l'amélioration des mécanismes de réponse européenne», a déclaré le ministre espagnol des Transports José Blanco.

L'Organisation mondiale du tourisme a estimé à 1,7 milliard d'euros les pertes pour le tourisme européen.