Pour la première fois depuis le début de l'épidémie d'Ebola en Afrique, un malade ayant été infecté par le virus sur ce continent a été diagnostiqué aux États-Unis, a confirmé hier un responsable des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Richard Hétu LA PRESSE

Le patient, dont l'identité et l'âge n'ont pas été révélés, avait quitté le Liberia le 19 septembre à bord d'un vol commercial à destination du Texas, où il devait visiter des membres de sa famille. Il a commencé à manifester des symptômes de la maladie quatre jours après son arrivée. Hospitalisé au Dallas Presbyterian Hospital, il est traité aux soins intensifs.

Cherchant visiblement à rassurer la population américaine, le directeur des CDC, Thomas Frieden, a dit avoir bon espoir que les autorités sanitaires fédérales et locales empêcheront la propagation du virus dans le pays.

«L'essentiel, c'est que je n'ai aucun doute que nous contrôlerons cette importation, ou ce cas d'Ebola, afin qu'il ne se propage dans le pays, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse tenue à Atlanta en fin d'après-midi. Il est certainement possible qu'une personne ayant eu des contacts avec cet individu puisse manifester des symptômes du virus Ebola dans les prochaines semaines. Mais il n'y a aucun doute dans mon esprit que nous l'arrêterons ici.»



Le patient aux soins intensifs

Le patient contaminé s'était présenté à l'hôpital le 26 septembre, mais il avait été renvoyé à la maison. Deux jours plus tard, il est retourné au même hôpital, où il devait cette fois-ci être admis et placé en quarantaine.

«Il est malade, il est aux soins intensifs et traité par des spécialistes compétents et hautement qualifiés, et le département de la Santé nous aide à retracer les membres de la famille qui ont pu être exposés», a déclaré le Dr Edwin Goodman, du Dallas Presbyterian Hospital, lors d'une conférence de presse.

Ce groupe, qui se limiterait à une «poignée» de personnes, sera placé en observation pendant trois semaines pour voir si des symptômes du virus Ebola se manifestent.

Quant aux personnes qui se trouvaient sur le même vol que le patient, elles ne devraient pas s'inquiéter, selon Thomas Frieden. La température de l'homme avait été vérifiée avant son départ, et il ne présentait aucun symptôme de la maladie.

«Il y a zéro risque de transmission sur le vol», a déclaré le directeur des CDC.

Frieden n'a pas voulu dire si le patient avait la citoyenneté américaine. Il a cependant précisé que celui-ci n'était vraisemblablement pas engagé dans la lutte contre le virus Ebola au Liberia ou dans un autre pays africain.

La confirmation par les CDC du premier cas d'Ebola diagnostiqué aux États-Unis est intervenue quelques heures après que l'hôpital texan a annoncé dans un communiqué avoir admis le patient infecté.

«Compte tenu des symptômes et des récents voyages effectués, nous l'avons admis à l'hôpital et placé en quarantaine pour déterminer s'il a été infecté par le virus Ebola», avait indiqué l'hôpital.

Les analyses effectuées par les CDC ont confirmé l'infection.

L'épidémie d'Ebola est concentrée dans cinq pays d'Afrique de l'Ouest, dont le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée, où elle a tué plus de 3000 personnes et en a infecté des milliers d'autres. Quatre Américains - trois médecins et une missionnaire aide-soignante - contaminés dans la région ont été rapatriés aux États-Unis pour recevoir des traitements. Trois d'entre eux sont complètement rétablis.

Un cinquième Américain, dont l'identité n'a pas été révélée, a été rapatrié et placé dimanche en quarantaine dans une clinique des Instituts américains de la santé (NIH), près de Washington. Il travaillait comme volontaire dans un centre de traitement d'Ebola en Sierra Leone. Les autorités sanitaires n'ont pas encore confirmé s'il était ou non infecté.