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Ebola: des semaines cruciales à venir

Une équipe spécialisée procède à l'enlèvement du corps... (Photo Daniel Berehulak, The New York Times)

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Une équipe spécialisée procède à l'enlèvement du corps d'une personne vraisemblablement morte du virus Ebola dans sa maison à Monrovia, au Liberia.

Photo Daniel Berehulak, The New York Times

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Virus Ebola
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L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

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Que se passera-t-il si l'épidémie d'Ebola continue au même rythme? Pour le savoir, La Presse a joint les quelques scientifiques dans le monde qui travaillent à prévoir la progression du virus. Même s'ils veulent éviter de véhiculer un message alarmiste, ils affirment que le nombre de cas pourrait dépasser le cap des 100 000 d'ici décembre. Et les prochaines semaines seront cruciales pour la suite.

«On espère que nos chiffres ne correspondront pas à la réalité.»

Alessandro Vespignani, de l'Université Northeastern, à Boston, ne demanderait pas mieux que de se tromper. Armé d'un ordinateur et de modèles mathématiques, le physicien a voulu voir comment se propagera l'épidémie d'Ebola qui frappe actuellement l'Afrique de l'Ouest. Les courbes qu'il a produites n'ont rien de rassurant.

Alors que les derniers chiffres de l'OMS font état de 4293 personnes infectées et de 2296 morts depuis le début de l'épidémie, le professeur Vespignani calcule qu'au rythme où se propage actuellement le virus, le nombre de cas pourrait franchir le cap des 10 000 dès le 24 septembre.

«Même s'il est difficile de faire des prévisions à long terme, si la propagation continue au même rythme, nous aurons plus de 100 000 cas le 1er décembre», dit de son côté Christian Althaus, épidémiologiste à l'Université de Bern, en Suisse.

Les deux chercheurs tiennent à mettre ces chiffres en perspective.

«C'est le scénario où le rythme de propagation actuel continue, dit M. Vespignani. Notre espoir est de voir une déviation par rapport à ce rythme. L'effort international qui est mis en place actuellement mettra du temps à se traduire dans les statistiques. Nous espérons en voir les effets bientôt.»

Nombre moyen

Les chercheurs surveillent une variable avec beaucoup d'attention: le nombre moyen de personnes qu'un malade infecté contamine. Si ce nombre chute sous la barre de 1, l'épidémie finira par s'éteindre. Or, c'est encore très loin d'être le cas.

En Guinée et en Sierra Leone, on croyait à un certain moment voir la lumière au bout du tunnel.

«On croit que cette variable a diminué et s'est approchée de un dans le passé, mais qu'elle aurait augmenté à nouveau parce que les efforts de prévention ont arrêté dans certaines régions et que d'autres foyers d'infection sont apparus», dit Christian Althaus, de l'Université de Bern.

Mais la situation la plus dramatique est au Liberia, où on estime que chaque personne touchée en infecte en moyenne 2,53 autres. Là-bas, l'épidémie se propage selon une tendance qui fait trembler les épidémiologistes: la courbe exponentielle.

Une trajectoire exponentielle commence par grimper lentement, puis finit par exploser. C'est la définition mathématique de l'effet boule de neige. Un malade en contamine 2, qui en contaminent 4, qui en contaminent 8, qui en contaminent 16, qui en contaminent 32... Ce genre de phénomène devient rapidement hors contrôle.

«Au Liberia, l'épidémie s'est répandue plus rapidement dans les régions urbaines, dont la capitale, Monrovia, où l'épidémie est plus difficile à isoler», dit M. Althaus pour expliquer la différence avec la Guinée et la Sierra Leone.

Cette tendance, préviennent les experts, doit absolument être renversée. Et chaque jour qui passe rend la tâche plus difficile.

«Si on ne voit pas le rythme de propagation ralentir très bientôt, les choses prendront une tournure très, très mauvaise, prédit Alessandro Vespignani. Les prochaines semaines seront absolument cruciales. On touche au nerf de la guerre, c'est maintenant qu'il faut mettre le maximum d'efforts.»

Nigeria

En plus du Liberia, le chercheur surveille attentivement un autre pays: le Nigeria. Pour l'instant, 12 cas ont été confirmés à Lagos, plus grosse ville d'Afrique, et 3 à Port Harcourt, le centre d'exploitation pétrolière du pays. Le virus est arrivé au pays par un passager aérien, et toute la chaîne de propagation est connue. Environ 200 personnes qui auraient pu être en contact avec les malades sont suivies.

«Si l'épidémie n'est pas contenue au Nigeria, nous vivrons des temps très difficiles, dit Alessandro Vespignani. Le Nigeria est le pays le plus peuplé d'Afrique et est beaucoup mieux connecté aux autres pays que la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia. Mais pour l'instant, le nombre de cas est si petit que je demeure assez optimiste.»

Cette semaine, une étude publiée par des chercheurs de l'Université Oxford a montré que la distribution de chauve-souris et de primates potentiellement infectés par le virus de l'Ebola fait en sorte que 22pays africains sont à risque d'être un jour touchés par une nouvelle épidémie.

Les chercheurs soulignent cependant que leurs travaux ne concernent pas l'épidémie en cours et que le risque de transmission du virus d'un animal à un humain est toujours «très faible».

Les prévisions du professeur Alessandro Vespignani, de l'Université Northeastern, montrent que parmi les pays jusqu'ici épargnés, le Ghana et la Gambie sont les plus à risque d'être touchés. La probabilité de voir le virus quitter l'Afrique est par ailleurs «faible, mais non négligeable». Le Royaume-Uni est le plus vulnérable. Le scénario le plus pessimiste montre qu'il y a 25% de probabilités que le virus s'y retrouve d'ici le 22 septembre. En comparaison, le risque pour le Canada est d'environ 1%. «Dans les pays occidentaux, l'efficacité des systèmes de santé pourra contenir les choses et le nombre de cas sera toujours très faible», souligne M. Vespignani.

La Sierra Leone veut faire évacuer un médecin infecté par la maladie

La Sierra Leone a réclamé des fonds de l'Organisation mondiale de la santé pour évacuer un docteur infecté par l'Ebola.

Une lettre envoyée par le bureau du président Ernest Bai Koroma indique que ce dernier a approuvé l'évacuation, en direction d'un hôpital de Hambourg, en Allemagne, du Dr Olivet Buck, un citoyen de la Sierra Leone. La lettre publiée samedi demande à l'OMS de rendre les fonds nécessaires accessibles «sans délai» par le ministère de la Santé du pays.

M. Buck serait le premier citoyen de l'un des pays les plus touchés par l'Ebola à recevoir des soins à l'étranger. Trois autres médecins de la Sierra Leone contaminés sont morts.

La pire épidémie d'Ebola de tous les temps serait responsable de 2400 morts à travers l'Afrique de l'Ouest, la majorité des cas étant recensés au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée.

L'OMS n'était pas immédiatement disponible pour commenter.

Avec l'Associated Press




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