Source ID:; App Source:

Feu vert de l'OMS pour les traitements expérimentaux

L'épidémie d'Ebola a franchi la barre des 1000... (Photo: AP)

Agrandir

L'épidémie d'Ebola a franchi la barre des 1000 morts, avec 1013 décès et 1848 cas dénombrés (confirmés, suspectés ou probables) en Guinée, en Sierra Leone, au Liberia et dans une moindre mesure au Nigeria, selon le dernier bilan de l'OMS.

Photo: AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Virus Ebola
Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Pierre TAILLEFER
Agence France-Presse
Genève

Devant la gravité de l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola, dont le bilan vient de franchir le cap des 1000 morts, la communauté médicale internationale a approuvé mardi l'emploi de traitements non homologués.

Un comité d'experts réuni par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a approuvé l'emploi de ces traitements en premier lieu dans les pays d'Afrique de l'Ouest touchés au moment où un premier Européen, un missionnaire espagnol rapatrié du Liberia, décédait du virus.

«Devant les circonstances de l'épidémie et sous réserve que certaines conditions soient remplies, le comité a abouti au consensus estimant qu'il est éthique d'offrir des traitements non homologués dont l'efficacité n'est pas encore connue ainsi que les effets secondaires, comme traitement potentiel ou à titre préventif», explique l'OMS.

Mort d'un missionnaire espagnol 

Cette perspective d'espoir survient au moment où Ebola a provoqué un nouveau décès parmi ceux qui se dévouent pour soigner les personnes contaminées.

Le prêtre catholique Miguel Pajares, âgé de 75 ans et rapatrié jeudi à Madrid en provenance du Liberia, y est décédé mardi, a annoncé une porte-parole de l'hôpital où il était soigné.

Il a succombé à la fièvre hémorragique malgré l'administration d'un traitement expérimental, le sérum ZMapp, mis au point aux États Unis.

Le missionnaire, premier malade atteint du virus hémorragique à être rapatrié en Europe, travaillait dans l'hôpital Saint-Joseph de Monrovia.

Il s'agit du quatrième membre du personnel de cet hôpital, fermé le 1er août par les autorités libériennes, qui décède en 10 jours après avoir contracté le virus.

Le comité de l'OMS a notamment défini comme conditions d'emploi de ces traitements «une transparence absolue quant aux soins, un consentement informé, la liberté de choix».

Toutefois, admet l'OMS, qui n'a qu'un pouvoir de conseil, il n'y a pas de stocks disponibles de ces traitements, car la fièvre Ebola est «typiquement une maladie de pauvres dans des pays pauvres dans lesquels il n'y a pas de marché» pour les firmes pharmaceutiques, a expliqué à la presse Marie-Paule Kieny, sous-directeur général de l'organisation.

«Sans les investissements des gouvernements», ces traitements sur lesquels travaillent des chercheurs n'existeraient pas, mais il faudrait maintenant investir davantage, car les étapes finales relèvent de l'industrie pharmaceutique, a-t-elle souligné.

L'épidémie d'Ebola a franchi la barre des 1000 morts, avec 1013 décès et 1848 cas dénombrés (confirmés, suspectés ou probables) en Guinée, en Sierra Leone, au Liberia et dans une moindre mesure au Nigeria, selon le dernier bilan de l'OMS publié lundi soir.

Il n'existe pour l'instant aucun traitement ou vaccin spécifique contre la fièvre hémorragique due au virus Ebola, qui se transmet par contact direct avec le sang et avec des liquides biologiques de personnes ou d'animaux infectés.

Avant même l'annonce de l'approbation de l'OMS, les États-Unis avaient promis l'envoi au Liberia, l'un des pays les plus touchés par l'épidémie, d'un sérum expérimental, disponible en très faibles quantités, pour traiter les médecins libériens actuellement infectés.

Ce sérum, dit «ZMapp», a été utilisé avec de premiers résultats positifs sur deux soignants de nationalité américaine rapatriés aux États-Unis.

La missionnaire Nancy Writebol va bien, a indiqué mardi son fils. «Elle va bien. Nous voyons son état physique s'améliorer, ses yeux s'illuminent, elle sourit et plaisante même un petit peu», a déclaré Jeremy Writebol, interrogé sur la chaîne de télévision américaine NBC, précisant que les médecins traitants pensent qu'elle devrait se remettre complètement.

L'état de l'autre patient traité au ZMapp, le Dr Brantly, 33 ans, s'est apparemment amélioré plus rapidement que celui de Mme Writebol, qui a 60 ans.

Le Liberia avait demandé du ZMapp, et sa présidente, Ellen Johnson Sirleaf, en a annoncé lundi l'envoi dans le courant de la semaine.

Le ministère de la santé au Sierra Leone a également dit mardi à l'AFP avoir préparé une lettre qu'il s'apprêtait à envoyer au groupe américain pour obtenir ce sérum.

«L'OMS vient juste d'approuver notre requête pour que le médicament ZMapp soit mis à disposition à la fois en Sierra Leone et au Liberia», a indiqué à l'AFP Sidi Yahya, le porte-parole du ministère, qui espère recevoir des nouvelles du groupe d'ici les deux prochains jours.

Le président de la Sierra Leone, Ernest Bai Koroma, a lancé un appel mardi à la communauté internationale pour trouver les 18 millions de dollars manquant pour financer la lutte contre l'épidémie qui a fait 315 morts dans son pays.

«Au total, il nous faut 25,9 millions de dollars. Jusqu'ici, nous avons reçu des engagements pour nous aider à hauteur de 7,6 millions de dollars. Il reste un trou de 18,2 millions de dollars», a expliqué le président lors d'une conférence de presse à Freetown.

Cinquante-deux nouveaux décès ont été enregistrés entre le 7 et le 9 août et 69 nouveaux cas recensés, selon l'OMS.

Fermeté des autorités africaines 

Les inquiétudes face à la maladie ont poussé la Guinée-Bissau à prendre la décision de fermer ses frontières  avec la Guinée, a annoncé mardi soir son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira.

De son côté, le Liberia s'est vu contraint de muscler son dispositif.

La présidente Ellen Johnson Sirleaf a annoncé la mise en quarantaine de la province de Lofa (nord, frontalière de la Guinée et de la Sierra Leone), la troisième région concernée par cette mesure exceptionnelle.

Au Sénégal, pays voisin de la Guinée, le directeur de la publication du quotidien privé La Tribune, Félix Nzalé, a été placé en garde à vue lundi pour «fausse information» faisant état de la présence au Sénégal du virus Ebola, une information démentie par les autorités.

Au Rwanda, des tests ont permis de déterminer qu'un étudiant allemand qui venait du Liberia n'était pas contaminé par Ebola.




À découvrir sur LaPresse.ca

la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer