Trois soldats ukrainiens ont été tués et cinq autres blessés ces dernières 24 heures malgré la trêve en vigueur dans l'Est rebelle prorusse de l'Ukraine, a annoncé mardi un porte-parole militaire.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Ces militaires ont été tués par des tirs et l'explosion d'une mine artisanale sur laquelle a roulé une voiture de l'armée ukrainienne, a précisé ce porte-parole Andriï Lyssenko

Des tirs à l'arme à feu, au lance-grenades et de mortier contre les positions ukrainiennes se poursuivent, malgré le cessez-le-feu instauré il y a un mois, a-t-il encore ajouté. Les rebelles ont également employé des chars pour attaquer les Ukrainiens, a poursuivi M. Lyssenko.

Malgré ces hostilités, le président ukrainien Petro Porochenko a soumis au Parlement des projets de lois octroyant davantage d'autonomie à la majeure partie des territoires contrôlés par les séparatistes, comme convenu dans le cadre des accords de paix de Minsk 2.

Les députés devaient les examiner mardi mais, faute d'accord, l'ouverture de la session plénière a été reportée à plusieurs reprises et les consultations entre les différents groupes parlementaires se poursuivaient toujours en début d'après-midi.

Ces textes octroient un «statut spécial» à cette zone, notamment en ce qui concerne l'usage élargi du russe et de plus grandes possibilités de coopération avec la Russie mais seulement après l'organisation d'élections locales selon la loi ukrainienne et sous le contrôle d'observateurs internationaux.

Tous les groupes armés devront également déposer leurs armes ou quitter l'Ukraine et la diffusion des médias ukrainiens reprendra à nouveau sur ces territoires, selon les projets de loi, publiés sur le site du Parlement.

Les accords de paix de Minsk 2 ont été signés le 12 février sous la médiation du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel et avec la participation du chef de l'État russe Vladimir Poutine, accusé par Kiev et les Occidentaux d'armer les rebelles et d'avoir déployé ses troupes en Ukraine, ce que Moscou dément malgré les nombreuses preuves rapportées par des médias.

La Russie a d'ores et déjà exprimé sa «préoccupation» concernant le contenu de ces documents, affirmant que Kiev avait refusé d'en discuter avec les séparatistes.

Les rebelles ont également dénoncé ces textes, protestant notamment contre le conditionnement de ce «statut spécial» à la tenue d'élections.