Source ID:; App Source:

La trêve peine à s'installer dans l'est de l'Ukraine

Des soldats ukrainiens patrouillent sur une route près... (Photo ANATOLII STEPANOV, AFP)

Agrandir

Des soldats ukrainiens patrouillent sur une route près de Donetsk, le 20 septembre.

Photo ANATOLII STEPANOV, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Ukraine
Ukraine

Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Karim TALBI, Michel MOUTOT, Olga ROTENBERG
Agence France-Presse
Kiev, Donetsk et Moscou

L'armée ukrainienne a annoncé dimanche son refus de mettre en oeuvre le plan de paix négocié avec les séparatistes prorusses tant que la trêve ne serait pas totale dans l'Est, où deux soldats ont péri après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu consolidé.

Cette mise au point des militaires ukrainiens présage d'une difficile application des mesures de paix décidées samedi à Minsk par les représentants de Kiev et par les dirigeants de la rébellion séparatiste et salués par la communauté internationale, Moscou compris, après cinq mois de conflit.

Parallèlement, la violence des combats, qui ont fait près de 2900 morts et provoqué la fuite de plus de 600 000 civils, a pour la première fois conduit à l'organisation à Moscou d'un rassemblement massif pour la paix.

Des milliers de personnes étaient réunies dimanche après-midi dans le centre de la capitale russe pour dénoncer la «politique agressive et irresponsable» du Kremlin en Ukraine qui mène selon elles la Russie vers l'isolement.

Cette «Marche pour la paix» intervient au lendemain de la signature à Minsk par les belligérants d'un mémorandum en neuf points qui vise à mettre en place une zone tampon de 30 km de large le long de la ligne de front, d'où les armes lourdes devaient en principe être retirées au plus tard dans la nuit de samedi à dimanche.

Combats près de l'aéroport de Donetsk

Mais le porte-parole de l'armée ukrainienne, Andriï Lyssenko, a estimé que la mise en oeuvre de cette zone démilitarisée ne serait possible qu'une fois que le cessez-le-feu serait complet dans les régions séparatistes russophones de Donetsk et de Lougansk.

«L'un des principaux points [de l'accord de Minsk] concerne le cessez-le-feu et seulement après, il y a les autres points», a déclaré M. Lyssenko.

«Tant que ce premier point n'est pas acquis, nous ne pouvons pas parler des points suivants», a-t-il averti, alors que le texte prévoit bien une entrée en vigueur simultanée des neuf points sur le territoire contrôlé par les rebelles, soit une zone qui s'étend sur 230 km de Lougansk à la mer d'Azov au sud et sur 160 km dans sa plus grande largeur entre Donetsk à l'ouest et la frontière russe à l'est.

Ce mémorandum fait suite à un «protocole de cessez-le-feu» conclu le 5 septembre, déjà à Minsk. Mais depuis cette date, au moins 37 civils et militaires ont été tués dans l'est de l'Ukraine, selon un comptage a minima de l'AFP.

À Donetsk, principale ville tenue par les prorusses, des tirs à l'arme lourde se sont poursuivis par intermittence dimanche matin aux abords de l'aéroport contrôlé par l'armée loyaliste, mais le calme semblait revenir dans l'après-midi.

«Nous répliquons, bien sûr»

«Depuis l'aube et l'entrée en application du cessez-le-feu, nous avons remarqué une diminution de l'utilisation par l'armée ukrainienne des lance-roquettes multiples et de l'artillerie», a déclaré à l'AFP un membre des services de renseignement militaire de la République autoproclamée de Donetsk, prénommé Denis.

«Ils tirent moins sur les quartiers de la ville proches de l'aéroport. Mais ils n'ont pas bougé, ne se sont pas repliés. Leurs chars et leurs blindés sont cachés dans les parkings souterrains, dans des positions enterrées», a-t-il ajouté.

«Nous avons reçu l'ordre de ne pas leur tirer dessus à l'arme lourde. Mais quand ils nous tirent dessus, nous répliquons, bien sûr. Dès qu'ils observent un mouvement de notre part, ils tirent. Chacun veut montrer à l'autre qu'il est toujours là», a expliqué Denis.

Samedi soir, le commandant en chef des forces de l'OTAN, le général américain Philip Breedlove, avait fustigé un cessez-le-feu qui n'existe «que sur le papier» et dénoncé «un flux incessant» de troupes russes et prorusses entre la Russie et l'est de l'Ukraine aux mains des rebelles.

Aux termes du mémorandum de Minsk, «toutes» les troupes étrangères doivent pourtant quitter l'Ukraine. Mais Moscou a toujours démenti toute présence de ses troupes malgré les informations de médias indépendants russes selon lesquels des parachutistes tués en Ukraine ont été inhumés en Russie.

«Mais nous espérons que cela va changer», a ajouté le général Breedlove, tout en précisant que le nombre des soldats russes à l'intérieur de l'Ukraine avait «baissé de manière significative» par rapport à leur niveau le plus élevé, selon lui, il y a «plus d'une semaine».

Manifestation à Moscou contre le rôle du Kremlin en Ukraine

MOSCOU - Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche dans le centre de Moscou pour une marche en faveur de la paix en Ukraine et pour protester contre le rôle imputé au Kremlin dans la guerre qui secoue l'est du pays.

Une colonne de manifestants comprenant des figures de l'opposition et dont certains arboraient des drapeaux russes et ukrainiens a traversé les rues de la capitale sous les slogans «Non à la guerre en Ukraine» et «Stop aux mensonges de Poutine», a constaté une journaliste de l'AFP.

Il s'agit du premier rassemblement massif de manifestants contre la guerre en Russie depuis le début du conflit entre séparatistes prorusses et forces loyalistes ukrainiennes dans le Donbass, il y a plus de cinq mois.

La manifestation, intitulée «Marche pour la paix», a rassemblé près de 5000 personnes dans le centre de Moscou selon la police. L'un des organisateurs, Sergueï Davidis, a pour sa part affirmé que des «dizaines de milliers» de personnes étaient présentes.

«Je suis persuadé que la guerre a été provoquée par Poutine», lance Vladimir Kachitsine, un manifestant de 44 ans venu en chaise roulante. «Je veux que Poutine cesse de s'ingérer dans les affaires internes de l'Ukraine».

«Cette guerre est une folie et un crime contre l'Ukraine, les habitants du Donbass et les Russes», abonde Igor Iasine, 34 ans.

Les organisateurs de la marche ont demandé que les autorités russes cessent leur «politique agressive et irresponsable» en Ukraine qui mène selon eux la Russie vers l'isolement, les troubles économiques et l'aggravation des «penchants fascistes».

«Cette politique a amené la guerre en Ukraine et a coûté la vie à des milliers d'Ukrainiens et de Russes», ont-ils écrit sur Facebook.

La Russie est accusée par Kiev et les Occidentaux d'aider la rébellion prorusse dans l'est de l'Ukraine en fournissant armes et matériel aux combattants, mais également en les appuyant avec son armée régulière, ce que Moscou a toujours démenti.

Le site internet de l'ancien oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski, aujourd'hui exilé en Suisse, avait également appelé les Russes à participer à la marche et à distribuer des prospectus anti-guerre.

M. Khodorkovski, qui a passé plus de dix ans en prison avant d'être gracié par Vladimir Poutine l'année dernière, a déclaré samedi qu'il serait prêt à diriger la Russie en temps de crise au cours du lancement à Paris d'une «plateforme» destinée à rassembler les forces pro-européennes dans le pays.

Parallèlement à la «Marche pour la paix» de Moscou, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées dans la capitale pour soutenir la rébellion prorusse en Ukraine, arborant des drapeaux de la «Nouvelle Russie» et de la «République populaire de Donetsk» proclamée par les séparatistes.

À Saint-Pétersbourg, près de 1000 personnes ont participé à une «marche pour la paix» malgré l'interdiction de la manifestation par les autorités locales.

En mars, quelques milliers de Russes avaient déjà marché «pour la paix» dans les rues de Moscou à la veille du référendum en Crimée qui a abouti au rattachement de cette péninsule ukrainienne à la Russie.

Le président Poutine jouit depuis ce rattachement et le début de la crise ukrainienne d'une popularité record au sein de la population russe.




À découvrir sur LaPresse.ca

la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer