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Poutine évoque pour la 1re fois un statut étatique pour l'est de l'Ukraine

Jusqu'à présent, la Russie avait seulement demandé que... (PHOTO ALEXEY DRUZHININ, AFP)

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Jusqu'à présent, la Russie avait seulement demandé que les régions orientales de l'Ukraine, majoritairement russophones, aient davantage d'autonomie dans un système fédéral moins centralisé.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Richard LEIN, Nicolas GAUDICHET, Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
Moscou, Marioupol et Kiev

Le «groupe de contact» sur la crise en Ukraine réunit lundi au Bélarus des représentants de Kiev et Moscou, au lendemain de déclarations de Vladimir Poutine évoquant pour la première fois l'idée d'un «statut étatique» pour les régions rebelles de l'est.

Richard LEIN, avec Nicolas GAUDICHET à Marioupol et Olga NEDBAEVA à Kiev

Au même moment, la Commission européenne doit commencer à travailler sur de nouvelles sanctions contre la Russie, accusée par les Occidentaux d'avoir déployé des troupes en appui des rebelles séparatistes. La Commission doit présenter ces nouvelles mesures d'ici la fin de la semaine aux dirigeants européens, qui prendront une décision «en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain».

À Minsk, des représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) doivent participer à la réunion du groupe de contact.

Un ou plusieurs représentants des séparatistes seront présents, a annoncé Andreï Pourguine, «premier ministre adjoint» de la «République populaire de Donetsk» (DNR), unilatéralement proclamée par les insurgés.

«J'espère que la discussion portera sur un cessez-le-feu», avait déclaré samedi à Bruxelles le président ukrainien Petro Porochenko.

Dimanche, Vladimir Poutine a évoqué un «statut étatique» pour la zone séparatiste.

«Nous devons commencer immédiatement des discussions substantielles (...) sur des questions touchant à l'organisation politique de la société et à un statut étatique pour le sud-est de l'Ukraine afin de protéger les intérêts légitimes des personnes qui y vivent», a-t-il déclaré.

Peu après la diffusion de ces propos, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a souligné que le président n'avait jamais évoqué la création d'un État indépendant pour les régions du sud-est.

Il s'agit «d'une interprétation absolument fausse», a-t-il estimé. Jusqu'à présent, la Russie prônait une «fédéralisation» pour les régions séparatistes orientales de Donetsk et de Lougansk.

«Invasion russe directe»

Sur le terrain, les séparatistes, qui ont repris la semaine dernière du terrain, semblaient préparer une nouvelle contre-offensive, selon un journaliste de l'AFP. Les forces ukrainiennes paraissent désormais cernées dans la zone entre le fief rebelle de Donetsk, la frontière russe à l'est et le port stratégique de Marioupol au sud sur les bords de la mer d'Azov.

L'Ukraine a demandé de «l'aide» et a relancé son projet d'adhésion à l'Otan dont elle attend «des décisions cruciales» au sommet de l'Alliance au Royaume-Uni les 4 et 5 septembre.

Le président ukrainien doit rencontrer son homologue américain Barack Obama en marge de ce sommet avant d'être reçu le 18 septembre à la Maison-Blanche.

Le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, le démocrate Robert Menendez, a estimé dimanche que les États-Unis et l'Otan devraient fournir des armes à l'Ukraine.

«Il n'est plus question de rebelles séparatistes qui combattent dans l'est de l'Ukraine, mais d'une invasion russe directe (...) avec des milliers de soldats, des missiles et des chars», a-t-il affirmé.

Samedi à Bruxelles, les dirigeants de l'Union européenne ont exigé que la Russie «retire toutes ses forces militaires» de l'Ukraine et se sont dits prêts à prendre de «nouvelles mesures significatives».

Ils ont toutefois rejeté l'idée de fournir des armes à Kiev, soutenue notamment par la présidente lituanienne Dalia Grybauskaité, selon laquelle «la Russie est en état de guerre avec l'Ukraine» c'est-à-dire «pratiquement en guerre contre l'Europe».

Le président ukrainien a de son côté averti que Kiev et Moscou étaient au bord d'une «guerre».

Le conflit dans l'est de l'Ukraine, qui a fait près de 2600 morts, a franchi une nouvelle étape après des informations diffusées cette semaine sur des incursions de soldats des troupes régulières russes en Ukraine, plus de 1000 selon l'Otan.

Navires ukrainiens attaqués

Deux navires des garde-côtes ukrainiens ont fait l'objet de tirs dimanche près du port stratégique ukrainien de Marioupol (sud-est) que les séparatistes prorusses désignent comme leur prochaine cible.

Marioupol situé à près de 100 km au sud de leur bastion de Donetsk au bord de la mer d'Azov est un point stratégique qui relie la frontière russe à la Crimée.

Dans la campagne autour de Marioupol, vers les positions séparatistes à l'est, un journaliste de l'AFP a vu des combattants loyalistes, mais aucun blindé ou matériel.

Des blocs de béton ont été placés sur l'une des routes conduisant à la ville, et des tranchées ont été creusées, destinées à gêner une éventuelle incursion des chars des séparatistes prorusses.




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