Appel à un nouveau cessez-le-feu en Ukraine

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Daniel ARONSSOHN, Michel VIATTEAU
Agence France-Presse
Kiev et Berlin

Les chefs de la diplomatie allemande, française, russe et ukrainienne, ont appelé mercredi à une relance du dialogue en vue d'aboutir à un cessez-le-feu en Ukraine, qu'ils ont jugé essentiel alors que les combats s'intensifiaient dans l'est du pays.

Réunis à Berlin, l'Allemand Frank-Walter Steinmeier, le Français Laurent Fabius, l'Ukrainien Pavlo Klimkine et le Russe Sergueï Lavrov, ont affirmé être «d'accord sur un ensemble de mesures» à mettre en oeuvre pour obtenir la fin des combats entre l'armée ukrainienne et les séparatistes prorusses.

Ils ont notamment appelé à «la réunion d'ici au 5 juillet du groupe de contact pour l'Ukraine avec pour objectif d'arriver à un accord mutuel et inconditionnel sur un cessez-le-feu durable», dans l'est du pays.

Ce groupe tripartite est constitué de la Russie, de l'Ukraine, de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), auxquels sont associés les séparatistes ukrainiens.

Si cet «accord» ne garantit en aucune manière que les armes se taisent immédiatement, comme les ministres l'ont eux-mêmes reconnu, le seul fait que Russes et Ukrainiens soient réunis à Berlin pour se parler à huis clos pendant plus de deux heures a été présenté comme une grande avancée.

«Nous sommes conscients que ce n'est pas la solution à tous les problèmes. Mais je crois que c'est un pas important vers un cessez-le-feu», a déclaré M. Steinmeier.

En cas de cessez-le-feu, la Russie s'est dite prête à accorder à des gardes-frontière ukrainiens l'accès au territoire russe pour participer au contrôle des points d'accès de Gukovo et Donetsk. Les observateurs de l'OSCE seraient alors aussi invités à participer au contrôle de la frontière.

Les ministres ont par ailleurs souligné la nécessité de garantir la sécurité des journalistes travaillant dans les zones de conflit en Ukraine, alors qu'un journaliste russe a été tué récemment, le troisième depuis le début du conflit.

Deux journalistes ukrainiens enlevés lundi par des séparatistes dans l'est du pays ont par ailleurs été libérés mercredi, a annoncé leur employeur, la chaîne de télévision Hromadske TV.

«L'objectif c'est la désescalade», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères. «Bien évidemment, il reste à appliquer tout cela mais c'est un pas en avant important», a assuré M. Fabius.

«Il s'agit d'éviter de nouvelles pertes civiles», a estimé le chef de la diplomatie russe, regrettant la non-reconduction du cessez-le-feu unilatéral proclamé par Kiev pendant dix jours.

«Pendant cette période de cessez-le-feu, les séparatistes ont violé le cessez-le-feu plus de 100 fois. Aujourd'hui nous avons l'objectif d'aboutir à un cessez-le-feu bilatéral», a affirmé son homologue ukrainien.

«Les combats sur le terrain ont massivement gagné en intensité», s'était alarmé M. Steinmeier, mettant en garde contre «une explosion de violence hors de tout contrôle» et assurant vouloir exploiter toute possibilité d'empêcher cela.

Les Européens, sans manifester explicitement leur mécontentement à Kiev, avaient observé un silence réprobateur après le non-renouvellement du cessez-le-feu par le président ukrainien Petro Porochenko, contrairement aux Américains qui ont adopté une position plus favorable à son égard.

Sur le terrain, les forces gouvernementales ont reconquis le poste-frontière de Dovjanskiï, occupé par les insurgés prorusses dans la région de Lougansk (est), a constaté l'AFP.

Selon un communiqué de la présidence ukrainienne, il s'agit de la «première victoire» dans cette «opération antiterroriste» dont M. Porochenko a annoncé la reprise dans la nuit de lundi à mardi, refusant de prolonger le cessez-le-feu en dépit d'intenses pressions russes et européennes.

Le contrôle de la frontière à l'est du pays est un des objectifs de Kiev qui veut empêcher l'entrée dans les zones rebelles d'hommes et de matériels en provenance de Russie.

Les séparatistes prorusses ont tiré au mortier sur un poste-frontière dans la nuit de mardi à mercredi, tuant un garde-frontière et en blessant quatre, ont annoncé les troupes de protection des frontières sur leur site web.

Quelque vingt obus ont été tirés du hameau de Markino sur le poste-frontière Novoazovsk, dans la région de Donetsk, a précisé la même source.

Les affrontements entre les forces de l»'opération anti-terroriste» et les rebelles ont fait quatre morts au cours des dernières 24 heures du côté de Kiev, trois soldats et un garde-frontière, a annoncé le porte-parole du Conseil de sécurité nationale et de défense, Andriï Lysenko.

Par ailleurs, il a indiqué que l'opération avait permis la libération de trois villages: Staryi Karavan, Zakotne et Drouzivka.

Kiev a également annoncé l'arrestation d'un responsable séparatiste, Volodymyr Kolosniouk, maire autoproclamé de Gorlovka, une des places fortes des séparatistes dans la région de Donetsk, alors qu'il négociait l'achat de mitrailleuses lourdes et d'autres armes dans un café de la région de Zaporijjia (sud-est).

De leur côté, les rebelles ont affirmé que des bombardements aériens près de Lougansk avaient fait au moins une dizaine de morts parmi la population civile, selon le porte-parole de la «République populaire de Lougansk» autoproclamée, Volodymyr Inogorodtsev, cité par l'agence russe Ria Novosti.




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