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Kiev dénonce un plan «d'embrasement» russe

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Des groupes armés, bien organisés et équipés font la loi à Slovyansk en Ukraine.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Nicolas MILETITCH, Olexandre SAVOCHENKO
Agence France-Presse
SLAVIANSK, Ukraine

L'Ukraine a dénoncé mardi les «projets brutaux» de son voisin russe pour la déstabiliser et envoyé un premier bataillon de la Garde nationale à l'est où se poursuivait l'insurrection de séparatistes pro-russes.

Sur le front diplomatique, les présidents américain Barack Obama et russe Vladimir Poutine ont campé sur des positions opposées lors d'un échange téléphonique tendu, chaque camp renvoyant à l'autre la responsabilité du dernier regain de tension dans la pire crise Est-Ouest depuis la fin de la guerre froide.

«Les projets de la Russie ont été et restent brutaux. Ils veulent que s'embrasent non seulement le Donbass, mais tout l'est et le sud de l'Ukraine, de la région de Kharkiv à celle d'Odessa», a fustigé le président par intérim Olexandre Tourtchinov devant le Parlement.

M. Tourtchinov a annoncé le lancement mardi matin d'une opération «antiterroriste dans le nord de la région de Donetsk qui sera menée de façon graduelle, responsable et réfléchie».

Le nord de la région de Donetsk correspond à la ville de Slaviansk, devenue le symbole de la dernière série d'insurrections pro-russes qui a laissé l'Ukraine et ses 46 millions d'habitants plus que jamais menacés d'éclatement entre l'est russophone et le centre et l'ouest tournés vers l'Europe.

Des journalistes de l'AFP dans le secteur de Slaviansk n'ont constaté aucune activité militaire particulière mardi matin, et la situation semblait fermement sous le contrôle des insurgés.

- Scènes d'émeute -

Des groupes armés, bien organisés et équipés, portant les mêmes uniformes non marqués, avaient pris samedi le contrôle des locaux de la municipalité, de la police et des services spéciaux (SBU) de la ville, ainsi que du commissariat de la localité proche de Kramatorsk.

Lundi, alors que les autorités ukrainiennes avaient affirmé avoir entamé les opérations de reconquête, les pro-russes lui ont lancé un nouveau défi, des manifestants s'emparant lors de scènes d'émeute du siège de la police dans une nouvelle localité, Gorlivka.

Le gouvernement intérimaire de Kiev, issu du renversement d'un régime pro-russe fin février lors de manifestations sanglantes, se retrouve coincé entre la Russie, qui ne le reconnaît pas et multiplie les mises en garde contre toute répression, et les mouvements pro-européens et nationalistes qui protestent contre son «inaction».

Lundi soir, quelques centaines de personnes ont manifesté devant le Parlement, brûlant des pneus et réclamant la démission du ministre de l'Intérieur Arsen Avakov. Quelques centaines protestaient encore mardi matin devant l'assemblée, où plusieurs députés ont exigé des mesures fortes, comme l'ex-boxeur Vitali Klitschko qui a estimé que «le seul dialogue avec les mercenaires doit être guerrier».

Kiev a annoncé lundi l'envoi «au front» d'un premier bataillon de la Garde nationale, constitué de volontaires ayant fait partie des unités d'autodéfense du Maïdan, haut lieu de la contestation dans le centre de Kiev.

De l'autre côté, la Russie maintient la pression à 48 heures de pourparlers à quatre - Ukraine/Russie/États-Unis/Union européenne - prévus jeudi à Genève, les premières négociations internationales depuis le début de crise.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a ainsi prévenu mardi que tout ordre «criminel» de Kiev «d'envoyer les chars» ferait capoter ce dialogue.

L'annonce lundi soir par le Kremlin que Vladimir Poutine recevait de «nombreuses demandes» d'aide des régions de l'est ukrainien et suivait la situation avec «beaucoup d'inquiétude» avait déjà renforcé les craintes d'une intervention russe. La Russie a en effet massé jusqu'à 40.000 hommes à la frontière selon l'Otan, et le président russe s'est engagé depuis longtemps à assurer «à tout prix» la sécurité des populations russophones de l'ex-URSS.

«Déposer les armes»

Kiev et les Occidentaux voient la main de Moscou derrière les récents soulèvements, qui rappellent selon de nombreux experts l'intervention des forces qui ont pris le contrôle de la Crimée avant son rattachement à la Russie.

Le président Obama a ainsi demandé lundi lors à son homologue russe au téléphone «d'user de son influence» pour convaincre les insurgés de «déposer les armes».

M. Poutine a répliqué en qualifiant les accusations d'ingérence russe de «conjectures» reposant «sur des informations infondées».

Dans des relents de guerre froide, Washington a dû reconnaître lundi une visite du patron de la CIA à Kiev, après des protestations indignées de Moscou, tandis qu'un chasseur bombardier russe effectuait une série de passes «provocatrices» à proximité d'un destroyer de la Navy américaine en mer Noire.

Les pro-russes réclament un rattachement à la Russie, ou au minimum une «fédéralisation» de l'Ukraine, pour donner de grands pouvoirs aux régions.

M. Tourtchinov a pour la première fois lundi évoqué la possibilité d'organiser un référendum sur les institutions ukrainiennes. Il en avait également appelé à l'ONU, appel qui a peu de chances d'être entendu, Moscou y disposant d'un droit de veto.




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