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Moscou appelle Kiev à «ne rien commettre d'irréparable»

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Agence France-Presse
Moscou

Le président russe, Vladimir Poutine, a appelé mercredi les autorités de Kiev à ne «rien commettre d'irréparable» en Ukraine, tout en espérant que les efforts diplomatiques auront une «issue positive».

«J'espère que l'initiative du ministère russe des Affaires étrangères pour régulariser la situation aura de l'effet et que l'issue sera positive», a déclaré M. Poutine au début d'une réunion avec le gouvernement sur la crise ukrainienne.

«J'espère dans tous les cas que les autorités intérimaires ne vont rien commettre d'irréparable», a-t-il ajouté dans ces déclarations retransmises à la télévision publique.

M. Poutine a fait ces déclarations alors que la situation est extrêmement tendue depuis dimanche dans l'est russophone de l'Ukraine, où des militants pro-russes, qualifiés de «terroristes et criminels» par les autorités de Kiev, occupent des bâtiments administratifs dans plusieurs villes.

Un espoir d'issue diplomatique est cependant apparu avec l'annonce de discussions entre Russes, Américains, Ukrainiens et Union européenne, qui pourraient avoir lieu la semaine prochaine.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dont le pays a absorbé en mars la péninsule ukrainienne de Crimée selon un scenario maintenant redouté dans les régions de l'est, a cependant estimé que les régions pro-russes devaient être représentées à ces négociations.

«Nous voulons mettre au clair les objectifs fixés pour cette rencontre», a-t-il déclaré mercredi, cité par les agences après la réunion avec Vladimir Poutine.

«Il s'agit d'une crise intérieure ukrainienne, et ceux qui sont actuellement au pouvoir à Kiev doivent inviter toutes les régions, toutes les forces politiques pour un dialogue sur la Constitution, sur la langue, et sur toutes les autres questions», a-t-il ajouté.

La Russie pèse en faveur d'une réforme constitutionnelle qui ferait de l'Ukraine une fédération, une option rejetée par Kiev qui craint de perdre toute influence sur les régions de l'est. Le statut officiel de la langue russe, majoritairement parlée dans ces régions, est également au centre de la crise.

M. Lavrov s'est par ailleurs montré évasif sur les délais dans lesquels pourrait être tenue cette rencontre. «On a parlé de dates quelque part en avril, mais il s'agit de leur souhait», a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs fait état d'informations selon lesquelles l'Ukraine envisagerait de vendre à une tierce partie la technologie des missiles intercontinentaux RS-20 (SS-18 Satana selon la classification de l'OTAN).

«Nos questions (à ce sujet) restent sans réponse», a-t-il déclaré. «Nous avons demandé aux Américains ce qu'ils en pensent, ils se taisent», a-t-il ajouté.

Réunion quadripartite à Vienne le 17 avril

La réunion annoncée entre les États-Unis, la Russie, l'Union européenne et l'Ukraine sur la crise ukrainienne devrait se tenir le 17 avril à Vienne, a-t-on appris mercredi de source diplomatique.

Le lieu, la date et le programme de cette réunion quadripartite n'ont jusqu'à présent pas été officiellement annoncés. Mais, selon les dernières discussions entre les différentes capitales, elle devrait se tenir «le 17 avril à Vienne», a indiqué cette source.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, avaient convenu lundi de la tenue de «pourparlers directs» entre les quatre principaux acteurs internationaux pour tenter d'apaiser la crise.

Moscou a souhaité que les pro-russes d'Ukraine puissent y être représentés.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a annoncé mardi sa participation à la réunion avec M. Lavrov, M. Kerry et le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Dechtchitsa.

La situation restait tendue mercredi en Ukraine, où pro-russes et loyalistes se faisaient toujours face dans l'est russophone, sous la menace de milliers de soldats russes massés à la frontière.

Des pro-russes toujours retranchés au siège des services secrets à Lougansk

Des militants pro-russes, certains armés, occupaient toujours mercredi le siège des services secrets (SBU) dont ils se sont emparés dimanche à Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, malgré la menace d'un recours à la force par Kiev.

Le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov, a promis mercredi une «réponse forte à ceux qui cherchent le conflit». Et à Lougansk, ville située à 60 km de la frontière russe, les activistes retranchés depuis dimanche au siège local des services secrets semblaient prendre au sérieux la menace d'un assaut contre leurs positions, sans pour autant être prêts à céder.

«Nous refusons de livrer nos armes, comme on nous l'a demandé. Nous n'avons rien à perdre», a déclaré à l'AFP un membre de l'état-major des militants qui occupent le siège du SBU, Oleg Desiatnikov, 49 ans.

Les militants pro-russes se sont emparés des armes qui se trouvaient dans les locaux et un correspondant de l'AFP a pu voir à l'intérieur du bâtiment plusieurs personnes équipées d'armes automatiques et de gilets pare-balles.

«Nous avons voulu négocier, mais personne n'a voulu nous écouter. Et maintenant, on menace de lancer un assaut contre nous. Si on nous attaque, nous répondrons», a ajouté M. Desiatnikov.

En attendant un éventuel assaut, les militants ont renforcé les barricades érigées autour de leur QG.

Outre les éléments les plus déterminés, présents à l'intérieur du bâtiment, quelques dizaines de personnes dorment sous des tentes dans un parc voisin, pour être sur place en cas d'attaque par les unités antiémeutes de la police.

Les autorités ukrainiennes ont annoncé l'envoi de renforts dans l'est, mais aucune présence des forces de l'ordre n'était visible sur place, mis à part quelques policiers chargés de détourner la circulation aux abords du bâtiment.

«Non à l'occupation»

Sur la route qui va de Donetsk à Lougansk, la police a récemment installé deux postes de contrôle des véhicules et des passagers, qui opéraient mercredi de manière superficielle et sans zèle particulier.

Sur le bâtiment de quatre étages du SBU à Lougansk, seuls flottent des drapeaux russes. Quelque trois ou 400 personnes étaient rassemblées mercredi après-midi pour écouter des discours patriotiques et des chants russes et soviétiques.

Ces militants sont plus nombreux le soir, quelques milliers selon un photographe de l'AFP, ce qui reste peu pour une ville de près de 470 000 habitants.

Les pancartes disposées autour des barricades donnent le ton : «Non à l'occupation américaine», «Europe et USA, go home», «Nous voulons un référendum».

Les manifestants demandent ouvertement le rattachement de leur région à la Russie et souhaitent  l'organisation d'un référendum sur la question, comme le revendiquent aussi les militants pro-russes des régions voisines de l'est ukrainien russophone, notamment à Donetsk et Kharkiv.

«Nous ne voulons pas des fascistes au pouvoir à Kiev. On veut un référendum, comme en Crimée», déclare une militante, Elena Massalova, 52 ans.

Derrière elle, la foule crie «A bas l'Europe !».

En dehors du discours pro-russe et du souhait non dissimulé de rejoindre la Russie, nombreux sont ceux qui expriment leur nostalgie de l'URSS. L'hymne de l'Union soviétique est d'ailleurs longuement applaudi à chaque fois qu'il est diffusé par la sono.

«Nous ne sommes pas des séparatistes. Nous sommes pour la réunion des peuples frères qui vivaient ensemble en URSS. Les séparatistes, ce sont ceux qui ont détruit l'URSS. L'URSS est notre patrie», lance un orateur, sous les vivats des manifestants.




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