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Le FMI accorde jusqu'à 18 milliards à l'Ukraine

Quelques heures avant un débat à l'ONU sur... (PHOTO YANNIS BEHRAKIS, REUTERS)

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Quelques heures avant un débat à l'ONU sur le rattachement de la Crimée à la Russie, l'Ukraine a reçu un soutien de poids des Occidentaux sur le front économique.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Germain MOYON
Agence France-Presse
Kiev

Le Fonds monétaire international a octroyé jeudi à l'Ukraine une aide financière située entre 14 et 18 milliards de dollars destinée à lui éviter la faillite qui la menace, à condition de sévères mesures d'austérité.

Quelques heures avant un débat à l'ONU sur le rattachement de la Crimée à la Russie, Kiev a reçu un soutien de poids des Occidentaux sur le front économique.

Le FMI a annoncé avoir réuni un massif plan de sauvetage des finances de l'ex-république soviétique atteignant 27 milliards de dollars sur deux ans. À elle seule, l'institution basée à Washington compte ouvrir une ligne de crédit comprise entre 14 et 18 milliards de dollars, qui s'ajoutera aux sommes mises sur la table par Washington (un milliard de dollars), Bruxelles (1,6 milliard d'euros - 2,5 milliards de dollars), Tokyo (1,5 milliard de dollars) ou encore la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (un milliard d'euros par an - 1,54 milliard).

Son conseil d'administration pourrait la valider dès le mois d'avril, ouvrant la porte au versement d'une première tranche, dont le montant reste à déterminer, a expliqué le chef de la mission du Fonds au travail à Kiev depuis plus de trois semaines, Nikolay Gueorgiev, lors d'une conférence de presse.

Le FMI, déjà venu au secours de Kiev en 2008 et 2010, a cette fois posé de strictes conditions : augmenter de 50 % le prix du gaz, geler les retraites et les salaires des fonctionnaires et laisser filer la monnaie, qui s'est déjà effondrée de 25 % depuis le début de l'année.

«Nous sommes passés d'une approche populiste à une approche pragmatique et nous sommes conscients que cela ne sera pas apprécié par tous», a reconnu le gouverneur de la banque centrale Stepan Koubiv. «Certaines réformes seront douloureuses», a-t-il ajouté.

Le FMI, souvent accusé de saigner les pays qu'il aide avec ses mesures d'austérité, a insisté sur la mise en place de nouveaux programmes d'aides sociales touchant 30 % de la population, remplaçant les subventions pour le gaz.

Il demande aussi des mesures fortes pour lutter contre la corruption qui gangrène le pays et a coûté à l'État des dizaines de milliards de dollars sous le président déchu Viktor Ianoukovitch, selon les nouvelles autorités de transition pro-européennes en place depuis un mois à Kiev.

«Pas le choix»

Dès jeudi matin, le premier ministre Arseni Iatseniouk a présenté devant le Parlement un ensemble de mesures de réduction du train de vie de l'État : baisse rapide de 10 % du personnel des ministères, vente de terrains et propriétés, taxes sur les plus riches, suppression de subventions aux mines.

«Nous n'avons pas le choix : soit ces mesures sont prises, soit l'Ukraine sera en faillite», a-t-il martelé.

Le temps presse pour stabiliser le pays, sorti de récession de justesse fin 2013 et frappé de plein fouet par la crise politique qui a paralysé l'activité. Dans le meilleur des cas, le produit intérieur brut chutera de 3 % cette année et l'inflation atteindra entre 12 % et 14 %.

Le pays craint en outre une invasion russe dans l'Est russophone de l'Ukraine et affirme, soutenu par Washington, que Moscou a amassé ses troupes le long de sa frontière.

Dans ce contexte tendu, Kiev a présenté à l'Assemblée générale de l'ONU un projet de résolution non contraignante qui dénonce le rattachement de la Crimée à la Russie, sans toutefois critiquer explicitement Moscou. Le texte doit être discuté jeudi à New York.

À Bruxelles mercredi, le président américain Barack Obama a estimé que la crise ukrainienne constituait un «moment test pour l'Europe et les États-Unis, pour l'ordre international que nous avons mis des générations à construire».

M. Obama, arrivé aujourd'hui à Rome, a réaffirmé que «l'isolement» de la Russie deviendra «plus profond» si le Kremlin «maintient le cap actuel».

Moscou commence déjà à subir les effets des sanctions occidentales avec une fuite des capitaux massive depuis le début de l'année. Le ministre russe de l'Économie a reconnu que la croissance pourrait être limitée à 0,6 % cette année.

Certains économistes, dont ceux de la Banque mondiale, jugent possible une récession dans le pays, pour la première fois depuis 2009.

L'approvisionnement en gaz menacé

Mercredi, l'opérateur gazier national Naftogaz avait donné un avant-goût de ce qui attend les Ukrainiens en annonçant une hausse de 50 % du gaz vendu aux ménages, habitués à des factures mensuelles extrêmement faibles.

Il s'agissait d'une mesure clé exigée par le Fonds, qui estime que les subventions actuelles représentent un poids énorme dans les finances publiques - 7 % du PIB -, profitant surtout aux gros consommateurs, essentiellement les fortunés industriels, et alimentent la corruption.

Très impopulaire, elle était rejetée en bloc par le gouvernement de M. Ianoukovitch et ses modalités ont constitué jusqu'à la dernière minute un sujet de discorde dans les pourparlers.

Dans le secteur énergétique, «les nouvelles pertes ne peuvent plus être financées et l'approvisionnement du pays est menacé», a souligné M. Gueorgiev.

Naftogaz, au coeur d'un vaste scandale de corruption actuellement, a accumulé d'énormes arriérés de paiement ces derniers mois sur le gaz qu'elle achète en Russie et Moscou a déjà prévenu qu'elle mettra fin à partir du 1er avril aux rabais accordés jusqu'à présent.




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