Des avocats français et brésilien ont assigné en référé Air France et Airbus devant le tribunal de grande instance de Toulouse, mettant en cause la conception de l'A330 qui aurait conduit à la catastrophe il y a deux ans, a annoncé vendredi l'un des avocats.

Publié le 27 mai 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Notre action en référé vise à interrompre le délai de prescription de l'action civile dans cette affaire qui est de deux ans et pourrait donc être invoqué à partir du 1er juin prochain par Air France», a dit à l'AFP Marc Fribourg, avocat à Bordeaux.

L'assignation, dont l'AFP a eu copie, date du 13 mai et une audience s'est tenue jeudi devant le TGI de Toulouse, mais «les avocats d'Airbus et Air France ont demandé un renvoi et une nouvelle date a été fixée au 9 juin», a précisé Me Fribourg, représentant de familles de victimes du vol AF447 Rio-Paris qui s'est abîmé dans l'Atlantique le 1er juin 2009 (228 morts).

Airbus et Air France sont mis en examen pour homicides involontaires dans le volet pénal de ce dossier.

«Nous sommes aussi partie civile dans la procédure pénale, mais nous avons le souci de ne pas nous retrouver dépourvus de tout moyen d'action si dans deux ans ou dans dix ans l'affaire était classée au niveau pénal», a poursuivi l'avocat bordelais.

Me Fribourg, d'autres avocats français et un cabinet brésilien expliquent dans un communiqué s'appuyer sur une «thèse étayée par des experts indépendants qui tend à démontrer que la conception de l'avion aurait eu un rôle non négligeable dans la survenance de la catastrophe». Cette thèse irait à «contre-courant de certaines affirmations relayées par le BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses) concernant la chute de l'avion».

Selon les experts du cabinet Air Safety Investigation Consulting (ASIC), il y aurait eu «dépressurisation rapide de l'appareil (...) due à une fuite d'air comprimé provenant de l'habitacle de l'appareil à la suite de la perte de la dérive, arrachée sous l'effet de la vitesse».

L'A330 a décroché et sa descente a duré 3 minutes 30 avant de toucher l'Atlantique, a expliqué vendredi le BEA dans une note. Peu après être entré dans une zone de plus fortes turbulences, les pilotes ont eu des informations de vitesse contradictoires sur leurs écrans pendant un peu moins d'une minute. L'une d'entre elles indiquait «une chute brutale» de la vitesse, selon cette note du BEA qui détaille les circonstances de l'accident, mais pas ses causes.