Snowden n'est pas un «lanceur d'alerte», fustige le patron du FBI

«J'ai du mal à comprendre comment on peut... (Photo Markus Schreiber, archives AP)

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«J'ai du mal à comprendre comment on peut attribuer l'étiquette de héros lanceur d'alerte à ce type d'informations», a déclaré James Comey, le directeur du FBI.

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Edward Snowden, un ancien consultant de la CIA, a révélé l'existence de programmes secrets de surveillance des communications électroniques en remettant des documents compromettants aux quotidiens The Guardian et The Washington Post. Il s'est depuis réfugié à Hong Kong alors que le gouvernement américain a lancé une enquête contre lui. »

Chantal VALERY
Agence France-Presse

Edward Snowden ne doit pas être considéré comme un «lanceur d'alerte» dans la «tempête» qu'il a provoquée, a fustigé jeudi le directeur du FBI James Comey, qui s'oppose à la réforme en cours des programmes américains de surveillance.

Le patron du FBI a balayé d'un revers de la main les appels à la clémence récemment lancés en faveur de l'ancien consultant informatique Edward Snowden, qui a révélé des pans entiers des programmes d'écoutes de l'Agence nationale de sécurité (NSA).

«J'ai du mal à comprendre comment on peut attribuer l'étiquette de héros lanceur d'alerte à ce type d'informations», a déclaré James Comey, lors d'une table ronde avec un nombre limité de journalistes.

«Les lanceurs d'alerte sont très importants», a-t-il plaidé, «mais quand je regarde ce programme, je vois le gouvernement agissant conformément à ce que voulaient les pères fondateurs (...) et j'ai du mal à appliquer le terme de lanceur d'alerte à (...) quelqu'un qui n'est pas d'accord avec la manière dont notre gouvernement est structuré et travaille».

Jeudi, des parlementaires américains ont considéré que les actes d'Edward Snowden pouvaient avoir des «conséquences mortelles» et mettre «en danger» les soldats américains.

«Une procédure pénale est en cours, des accusations pèsent contre M. Snowden», a rappelé le chef de la police fédérale, qui, sollicité par l'AFP, a refusé de commenter la décision d'une commission du Parlement européen d'autoriser l'audition d'Edward Snowden, réfugié en Russie.

Mike Rogers, un représentant du Congrès américain, avait mis en garde contre les «conséquences négatives» d'une audition de M. Snowden pour les relations américano-européennes.

«Frustration dans la tempête»

M. Comey a préféré insister sur sa «frustration dans la tempête qui a englouti toute notre vie publique sur cette question du pouvoir du renseignement».

James Comey a été reçu à la Maison-Blanche mercredi dans le cadre de la vaste réflexion lancée par Barack Obama avec les acteurs-clés du renseignement. Il en a profité pour exprimer son «désaccord» avec les propositions de réforme d'un groupe d'experts mandatés par le président américain.

Il a regretté que le rapport rendu le 18 décembre ne stipule pas «le plus important : que la communauté du renseignement travaille dans des frontières légales».

Il s'est en particulier insurgé contre une recommandation de révision du fonctionnement des mandats, ces «lettres de sécurité nationale» (NSL) délivrées par un tribunal secret pour que les sociétés d'internet et de téléphone livrent des informations aux autorités.

«Je ne vois rien de défectueux» dans cette procédure des «plus usitées» au FBI, s'est insurgé M. Comey. «Je ne vois pas pourquoi on ferait des changements (...) et pourquoi on rendrait les enquêtes de sécurité nationale plus compliquées que les enquêtes criminelles».

«Si nous voyons quelqu'un écrire quelque chose qui nous paraît dangereux sur internet, pour trouver cette personne, l'abonné du compte internet, nous devons obtenir une "lettre de sécurité nationale" et nous devons l'avoir de manière raisonnablement rapide», a-t-il encore plaidé. «L'une de mes inquiétudes dans la proposition du comité d'experts est qu'elle provoquerait du retard.»

Parmi les autres recommandations de réforme, un appel à mieux coopérer avec les «alliés proches» des États-Unis en matière d'espionnage. La révélation sur les écoutes du téléphone portable de la chancelière allemande Angela Merkel avait provoqué une tempête diplomatique, outre en Allemagne, en France, Espagne, au Mexique et au Brésil.

À cet égard, le patron des policiers fédéraux a notamment promis «l'assistance» et la «coopération» des forces de sécurité américaines pour les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, en Russie, dont une douzaine d'hommes sont déjà sur place.

Obama achève sa réflexion sur les programmes de surveillance

Par ailleurs, le président des États-Unis Barack Obama est en passe d'achever son processus de réflexion sur les réformes qu'il souhaite apporter aux programmes de surveillance de l'Agence nationale de sécurité (NSA), a indiqué la Maison-Blanche jeudi.

Le président américain multiplie ces jours-ci les rencontres avec les élus et acteurs-clés du renseignement pour, in fine, prendre des mesures qui permettront de mieux encadrer les opérations de surveillance des télécommunications menées par les agences américaines et révélées par l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden.

Selon certaines sources, M. Obama envisage de limiter les interceptions de courriels et les écoutes téléphoniques de dirigeants étrangers, à l'instar de celles dont la chancelière allemande Angela Merkel a fait l'objet.

Barack Obama devrait présenter ses conclusions dans un discours qu'il prononcera dans les prochaines semaines - en tout état de cause avant son discours sur l'état de l'Union le 28 janvier.

À la mi-décembre, des experts mandatés par Barack Obama avaient émis une quarantaine de recommandations pour réformer les programmes de surveillance du renseignement américain, jugeant notamment que la NSA devrait ne plus conserver les métadonnées téléphoniques qu'elle collecte ou que Washington se devait de mieux coopérer avec ses «alliés proches».

Mais dans leur préambule, les experts rappelaient surtout qu'il était de la «responsabilité fondamentale» du gouvernement de protéger ses citoyens, tout en respectant le Quatrième amendement de la Constitution qui protège la vie privée contre les «perquisitions et saisies non motivées».




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