Le rapatriement des Canadiens pris à Port-au-Prince se poursuit lentement. Trois vols ont atterri aujourd'hui à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. Le premier, un Challenger, s'est posé à 3h15 du matin avec huit personnes. Il s'agissait dans la majorité des cas d'une évacuation d'urgence. Trois passagers ont dû être transportés par ambulance à l'hôpital.

Paul Journet LA PRESSE

Le deuxième vol, un avion des Forces armées, a atterri vers 10h30 avec 201 ressortissants. Cela portait alors à 480 le nombre de ressortissants retournés au pays depuis le début du processus, jeudi dernier.

Un troisième vol est ensuite arrivé aujourd'hui vers 16h20. On ne connaît pas encore son nombre de passagers.

Au moins un quatrième avion doit atterrir aujourd'hui, selon nos informations. L'heure d'atterrissage de ce vol et des autres a souvent changé au cours de la journée. Ce matin, l'arrivée du vol était prévue pour 17h30. Elle a ensuite été retardée à 22h20. Vers 21h ce soir, on prévoyait que deux autres vols devaient finalement arriver aujourd'hui, à 21h40 puis à 22h20. Le ministère n'était pas en mesure de confirmer l'heure d'arrivée des vols.

«C'est plus difficile à prévoir que la météo ou la bourse, indique Michel C. Doré, coordonnateur de l'Organisation de la sécurité civile du Québec. Elle est tributaire de la logistique des Nations Unies et de l'important trafic aérien à Port-au-Prince. (...) Juste pour vous dire, plus tôt aujourd'hui, on a reçu un communiqué nous annonçant que le deuxième vol serait retardé de quelques heures. Puis peu après, on nous disait que finalement, il arriverait dans 40 minutes.»

Encore «quelques semaines»

Sans avancer de date précise, M. Doré estime que le rapatriement pourrait durer encore «quelques semaines». Il ajoute toutefois n'avoir aucune indication précise de la durée du processus. «Le gouvernement fédéral estime à 6000 le nombre de ressortissants canadiens. Il souhaite leur offrir la possibilité de retourner au Canada, et nous sommes prêts à les recevoir ici. (Lors du conflit en 2006) au Liban, nous avons accueilli 13 500 personnes en sept semaines, alors on est prêts.»

M. Doré prévoit que le travail sera plus difficile pour les ressortissants haïtiens que pour les libanais, évacués en été. «Cette fois, les ressortissants passent d'une température de 30 degrés à une autre de -15 degrés, souvent sans vêtements d'hiver. Et il y a aussi plus de blessés et de traumatismes psychologiques cette fois», explique-t-il.

Il assure que jusqu'à la fin du processus, les mêmes services seront offerts aux ressortissants à leur arrivée. Quand ils atterrissent à Montréal, ils sont transportés par un autobus de la Société de transport de Montréal, puis leurs besoins sont évalués par des bénévoles de la Croix-Rouge, qui leur offre du soutien psychologique, médical et parfois même financier. «Des gens qui atterrissent n'ont parfois pas de famille ici à ici à Montréal. On leur offre des vêtements, de la nourriture et un hébergement, normalement pendant 72 heures. Ensuite, c'est habituellement la Sécurité civile qui les prend en charge. Personne n'est abandonné», indique Geneviève Déry, porte-parole de la Croix-Rouge.

Par exemple, un jeune garçon de 11 ans a atterri seul à Montréal ce matin. Il est présentement sous la charge de la Sécurité civile, qui cherche sa famille.

«Pour les gens sans ressources, on reçoit aussi de l'aide des organismes de la communauté haïtienne, et en dernier recours, nous avons les prestations de sécurité du revenu», indique le ministre de la Famille, Tony Tomassi. À date, seule une personne a demandé ces prestations.

Le ministre Tomassi a aussi salué l'annonce du gouvernement fédéral, qui assouplira les conditions d'accueil des Haïtiens, notamment via le programme de réunification familiale.