Le Canada a amorcé le retrait de ses troupes déployées en Haïti depuis le séisme dévastateur du 12 janvier dernier pour soutenir l'aide humanitaire d'urgence.

Mis à jour le 23 févr. 2010
Malorie Beauchemin LA PRESSE

Le navire militaire NCSM Halifax, qui mouillait au large des côtes de Jacmel, a repris la mer samedi dernier avec à son bord ses 220 membres de l'équipage, a annoncé hier le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon.

Le retour au pays des soldats canadiens sera progressif, a-t-il précisé.

«La décision de procéder au retrait de certains éléments des Forces armées canadiennes s'inscrit dans un plan de transition concerté du gouvernement canadien et tient compte de la capacité du gouvernement haïtien, des Nations unies et d'autres acteurs humanitaires qui ont joué un rôle important dans les secours», a dit M. Cannon.

En déployant près de 2000 soldats canadiens, en janvier, pour venir en aide au peuple haïtien, le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, avait précisé que leur mandat durerait entre 30 et 60 jours. Les militaires canadiens en poste à Jacmel, au sud-ouest de la capitale, avaient notamment mis sur pied un dispensaire et un chantier de construction de latrines temporaires. Le premier ministre Stephen Harper était d'ailleurs allé rendre visite aux troupes la semaine dernière.

«Les Forces canadiennes continueront d'apporter un soutien et une aide dans le cadre de leur participation et de leur collaboration à la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti», a souligné hier le ministre Cannon.

Ni le ministre Cannon ni le bureau du ministre MacKay n'ont été capables, hier, de dire à quel moment le retrait des troupes serait achevé.

«Ça va dépendre de nos discussions continues avec les autorités locales et les organismes d'aide, a dit l'attaché de presse du ministre MacKay, Jay Paxton. Nous allons nous assurer que la transition se fasse en douceur.»

Le Canada s'est engagé sur le long terme pour la reconstruction d'Haïti, notamment en organisant la première conférence préparatoire des pays donateurs, à la fin du mois de janvier, à Montréal.

Haïti est le deuxième bénéficiaire d'aide au développement du Canada, après l'Afghanistan. Le gouvernement canadien a rapidement consenti 85 millions de dollars en aide d'urgence, dans les jours qui ont suivi la catastrophe, en plus de promettre de doubler les dons que feraient les Canadiens à des organismes reconnus.

Par ailleurs, le gouvernement canadien a mis fin à l'évacuation de ses ressortissants alors que les vols commerciaux ont repris, vendredi dernier, à l'aéroport Toussaint-Louverture, à Port-au-Prince. Depuis le séisme, Ottawa a rapatrié 4620 personnes par 49 vols nolisés.

Près de six semaines après le tremblement de terre, le bilan canadien s'élève à 34 morts confirmés et 49 disparus, que les autorités canadiennes tentent toujours de retrouver.

«Nos équipes d'identification de la GRC travaillent d'arrache-pied. On sort encore des corps des décombres, a expliqué M. Cannon. Nos services consulaires tentent aussi de joindre les personnes dont on sait où elles étaient la dernière fois qu'elles ont été vues.»

Mais le bilan pourrait bientôt s'alourdir. «À un moment donné, on va devoir trancher en disant que ces personnes-là sont non seulement disparues, mais qu'elles ont perdu la vie», a conclu le ministre.