Malgré l'aide importante en médicaments et en matériel médical envoyée en Haïti après le séisme du 12 janvier, le pays manque encore «cruellement» de produits morphiniques, ont souligné lundi des responsables d'ONG françaises.

Mis à jour le 15 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Ce qui nous a fait cruellement défaut et nous manque encore cruellement, c'est l'accès à des morphiniques, pour pratiquer des anesthésies de façon optimale et soulager des douleurs post-opératoires», a déclaré à la presse Benoît Gallet, président de l'association Tulipe qui coordonne en France les dons de l'industrie pharmaceutique.

«Il y a énormément de reprises d'intervention à faire» et des «gros pansements qui nécessitent une anesthésie», a-t-il expliqué.

Le Dr Gallet a précisé que «8 000 traitements morphiniques», soumis en France à un régime d'autorisation spéciale pour le stockage et le transport, ont été envoyés il y a une dizaine de jours en Haïti, où des milliers de personnes ont été amputées à la suite du séisme. Il a souligné la difficulté d'organiser sur place la sécurité de ces produits qui peuvent tenter le marché de la drogue.

«On n'envoie pas de médicaments à l'aveugle», a ajouté le Dr Gallet, précisant que son association, qui a le statut d'établissement pharmaceutique, s'assure que ses envois sont réceptionnés par des ONG en qui elle a confiance, pour éviter des utilisations détournées au marché noir.

Une phase d'urgence va perdurer trois ou quatre mois encore en Haïti, a estimé de son côté Jean-Roch Serra, directeur général d'une autre association, la Chaîne de l'espoir.

Les structures hospitalières étant détruites, les organisations non gouvernementales doivent également prendre en charge les soins courants, comme les accouchements, ont également indiqué les représentants des associations françaises.