Les tentes réclamées à grands cris par le président René Préval restent toujours quasi invisibles dans les camps de fortune où les survivants du séisme se sont réfugiés. Un mois après le séisme, cette situation est anormale, dénonce le président du conseil international de Médecins sans frontières, Christophe Fournier.

Mis à jour le 12 févr. 2010
Agnès Gruda LA PRESSE

«Un certain chaos est inévitable dans les deux premières semaines qui suivent une catastrophe, mais après un mois, ça devient beaucoup plus problématique», s'indigne-t-il.

 

Selon lui, l'aide médicale est de mieux en mieux organisée en Haïti, la distribution alimentaire et celle de l'eau potable s'améliorent lentement. Reste le problème des latrines, encore largement insuffisantes.

Mais c'est la distribution de tentes et de bâches imperméables qui doit constituer la priorité absolue, à quelques semaines de la saison des pluies. «Je suis choqué de voir que des gens vivent encore dans la rue, sous des abris fabriqués avec des draps, des bouts de bois et de la ficelle. On ne peut pas les laisser comme ça!»

La responsabilité des abris temporaires revient à l'une des agences de l'ONU, l'Office international des migrations, rappelle Christophe Fournier. «On ne peut pas blâmer le gouvernement haïtien, qui a demandé la livraison de 200 000 tentes dès les premiers jours après le tremblement de terre», rappelle-t-il. Et il appelle à une mobilisation générale pour faire pression sur l'ONU et ses partenaires afin d'accélérer la distribution d'abris plus acceptables.