Jacques a atterri à Montréal samedi dernier, fuyant la tragédie qui a détruit sa maison de la ville de Léogâne, l'épicentre du séisme. Contrairement à la grande majorité des ressortissants canadiens, personne n'est venu l'accueillir à l'aéroport.

Catherine Handfield LA PRESSE

Jacques est âgé d'une soixantaine d'années. Il détient la nationalité canadienne, ayant vécu à Montréal de 2000 à 2008. Dès qu'il a appris que des avions militaires évacuaient les Canadiens, il s'est rué vers l'ambassade.

 

Mais aujourd'hui, Jacques n'a nulle part où aller. Il a des cousines éloignées à New York, mais c'est à Montréal qu'il souhaite s'installer en attendant que Port-au-Prince soit reconstruit.

«À Montréal, je connais une personne, mais je ne me rappelle pas de son numéro de téléphone», a confié Jacques, rencontré hier soir dans le hall de l'hôtel Wyndham, où il est logé et nourri par la Croix-Rouge depuis son arrivée au pays.

Jacques, qui a voulu taire son nom de famille, n'est pas le seul dans cette situation. Sur les 1200 ressortissants arrivés à Montréal depuis le séisme, plus de 360 ont été logés et nourris à l'hôtel, selon la Croix-Rouge. L'organisme les prend en charge en moyenne 72 heures et les aide à trouver un proche qui puisse les accueillir. Ensuite, ils sont dirigés vers des programmes d'aide financière. À ce jour, 59 personnes ou familles ont déposé une demande d'aide au Ministère.

Quant à Jacques, il ignorait où il irait demain, mais ne semblait guère s'en soucier. «À Port-au-Prince, je dormais dans la rue», a-t-il rappelé, avant de retourner à sa chambre d'hôtel.

La Croix-Rouge assure pour sa part qu'aucun ressortissant ne sera laissé à lui-même.