Les ministres des Finances du G7 discuteront d'un plan de reconstruction «à très grande échelle» d'Haïti durant leur rencontre à Iqaluit, au Nunavut, les 5 et 6 février.

Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, a tenu à ce que ce dossier humanitaire soit traité en priorité dans le cadre des discussions portant sur l'aide au développement, a indiqué hier un haut fonctionnaire qui a requis l'anonymat.

Six des sept pays membres du G7 sont les plus importants bailleurs de fonds d'Haïti, durement frappé par un séisme la semaine dernière. Le G7 regroupe le Canada, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie et le Japon.

«Haïti arrive au deuxième rang au chapitre des pays bénéficiaires de l'aide internationale du Canada après l'Afghanistan. Le Canada entend jouer un rôle de premier plan dans les efforts de reconstruction de ce pays», a indiqué le haut fonctionnaire du ministère des Finances.

Le Canada sera l'hôte du sommet du G8 (G7 " Russie) à Muskoka, en Ontario, les 25 et 26 juin, et du sommet du G20 à Toronto, les 26 et 27 juin.

Conférence internationale

Dimanche, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a annoncé qu'il présidera une première conférence ministérielle pour la reconstruction d'Haïti à Montréal lundi prochain. Le premier ministre d'Haïti, Jean-Max Bellerive, sera présent, tout comme la secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton.

Cette rencontre devrait permettre de jeter les bases d'une conférence internationale pour la reconstruction d'Haïti sous l'égide de l'ONU et de la Banque mondiale plus tard.

Selon le haut fonctionnaire, qui a rencontré les journalistes pour expliquer les objectifs du Canada en prévision de la réunion d'Iqaluit, il est encore trop tôt pour quantifier l'ampleur des efforts financiers que songent à consentir les pays du G7 pour aider Haïti à se remettre sur pied.

Chose certaine, le G7 sera une des principales organisations, de concert avec l'ONU, la Banque mondiale et le gouvernement haïtien, à mettre l'épaule à la roue afin de venir en aide à l'un des pays les plus pauvres de la planète.

Relance économique

Par ailleurs, les ministres des Finances du G7 comptent revoir les mesures prises depuis la crise financière de l'an dernier afin de soutenir la relance économique. Les gouverneurs des banques centrales, dont le Canadien Mark Carney, participeront également à cette rencontre, tout comme le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn.

Depuis l'éclatement de la crise, en 2008, le G20 est devenu le principal forum international pour discuter de l'état de l'économie de la planète. Selon un haut fonctionnaire canadien, cette nouvelle donne permettra au G7 de revenir à ses racines, soit de redevenir une organisation où les échanges entre les leaders sont «informels» et «francs», au lieu d'argumenter pendant des heures sur la teneur des paragraphes d'un communiqué de presse final.

La réunion des ministres des Finances se déroulera à l'Assemblée législative du Nunavut. «Cette réunion arrive à un moment critique pour l'économie mondiale. La reprise qui s'est amorcée demeure somme toute fragile. Il n'y a vraiment pas lieu de nous reposer sur nos lauriers. Il nous reste d'importants défis à relever», a dit le haut fonctionnaire.