Le président Barack Obama a affiché samedi l'unité des Etats-Unis dans la solidarité envers Haïti en recevant à la Maison-Blanche ses prédécesseurs George W. Bush et Bill Clinton, qu'il a chargés de rassembler des fonds pour les victimes du séisme ayant frappé mardi le pays.

Tangi Quemener AGENCE FRANCE-PRESSE

Les ex-présidents ont accepté de diriger le «Fonds Clinton-Bush pour Haïti», a déclaré M. Obama, en notant que tous deux avaient l'expérience de situations similaires et que leur présence «envoyait un message fort aux Haïtiens et dans le monde entier: dans ces moments difficiles, l'Amérique est unie».

«Nous sommes unis au peuple d'Haïti qui a montré une telle capacité à reprendre le dessus, et nous allons l'aider à repartir de l'avant et à reconstruire», a lancé le président, entouré de ses deux prédécesseurs dans la roseraie de la Maison-Blanche.

«A l'heure actuelle, nous menons l'une des plus grandes opérations de secours de notre histoire, pour sauver des vies et apporter une aide qui évitera une catastrophe encore plus importante», a expliqué M. Obama, qui s'est entretenu pendant une demi-heure avec MM. Bush et Clinton dans le Bureau ovale, son principal lieu de travail.

«Les deux dirigeants présents aujourd'hui feront en sorte (qu'au désastre) réponde un effort historique qui dépasse notre gouvernement, parce que les Etats-Unis n'ont pas de plus grande ressource que la force et la compassion des Américains», a-t-il noté.

Le président américain a néanmoins averti que la distribution de l'aide en Haïti représentait un «défi énorme» pour les sauveteurs et que l'assistance au petit Etat des Caraïbes allait devoir être évaluée à long terme.

«Nous savons que notre effort à long terme ne se comptera pas en jours et en semaines. Il se comptera en mois et même en années. Et c'est la raison pour laquelle il est si important d'obtenir et de soutenir l'aide des Américains. C'est la raison pour laquelle il nous faut une coordination qui aille au delà de notre gouvernement», a-t-il dit.

Il a aussi remarqué que ses deux prédécesseurs avaient l'expérience de situations similaires: M. Bush dans l'aide apportée aux victimes du tsunami asiatique fin 2004, pour laquelle il avait mobilisé M. Clinton et son propre père, l'ancien président George H.W. Bush.

De son côté, a indiqué M. Obama, le président Clinton «a aidé à rétablir la démocratie en Haïti» en supervisant l'intervention de l'armée américaine dans ce pays en 1994. «En tant qu'envoyé spécial des Nations unies en Haïti, il comprend de façon intime les luttes et les besoins quotidiens des Haïtiens», a-t-il souligné.

M. Bush, président de 2001 à 2009 et dont c'était le premier retour à la Maison-Blanche, près d'un an après la fin de son second mandat, a confié avoir eu «le coeur brisé» en voyant les scènes de destruction à Haïti.

«Je sais que beaucoup de gens veulent envoyer des couvertures ou de l'eau. Envoyez simplement de l'argent», a-t-il dit. «L'une des choses que le président (Clinton) et moi-même allons faire, est de nous assurer qu'il sera dépensé judicieusement».

De son côté, M. Clinton a dit qu'il pensait toujours, comme avant le séisme, que «Haïti a une très bonne chance (...) d'échapper à son histoire» tragique. Les Haïtiens «peuvent construire un meilleur avenir si nous faisons ce que nous devons» faire, a dit le 42e président des Etats-Unis (1993-2001).

Le «Fonds Clinton-Bush pour Haïti» est accessible sur internet à l'adresse www.clintonbushhaitifund.org.