Le président de la commission israélienne chargée d'examiner les aspects juridiques de l'interception d'une flottille humanitaire pour Gaza a menacé de démissionner s'il n'obtenait pas un mandat élargi, a indiqué mardi la deuxième chaîne de télévision privée.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le juge à la retraite de la Cour Suprême, Yaakov Tirkel, a fait savoir au ministre de la Justice Yaakov Neeman qu'il quitterait ses fonctions s'il n'obtenait pas satisfaction, a précisé la chaîne.

Il exige que la «commission publique indépendante», dont les travaux ont commencé officiellement lundi, devienne une commission d'enquête gouvernementale qui aurait le pouvoir de recommander des sanctions personnelles contre les responsables politiques et militaires.

Le juge Tirkel réclame aussi que deux membres supplémentaires soient adjoints aux trois membres et deux observateurs étrangers formant la commission, selon la chaîne. Le juge a accepté de reporter sa démission jusqu'à la réunion dimanche du cabinet qui pourrait modifier le mandat, selon elle.

Un porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé mardi soir dans un communiqué que le «juge Tirkel avait demandé au ministre de la Justice un mandat élargi prévoyant notamment de contraindre les témoins à venir déposer devant elle sous serment».

«Après consultations avec le Premier ministre, le ministre de la Défense (Ehud Barak) et le ministre de la Justice, il est apparu qu'il y avait aucun empêchement à répondre positivement à cette demande», a ajouté le communiqué.

«Le ministre de la Justice présentera ce dossier au gouvernement sous peu. L'augmentation du nombre de membres de la commission a également été soulevée. Cette question sera examinée positivement», a-t-on poursuivi de même source.

En revanche, le porte-parole du Premier ministre a souligné que l'élargissement du mandat ne prévoira pas que des militaires impliqués dans cette opération devront comparaître, à l'exception du seul chef d'état-major le général Gaby Ashkenazi.

Le mandat actuel de la commission, créée sous la pression de la communauté internationale, prévoit qu'elle doit se borner à déterminer la validité, au regard du droit international, du blocus maritime imposé par Israël à Gaza, du raid le 31 mai contre la flottille d'aide pro-palestinienne dans les eaux internationales, ainsi que des actes des participants et des organisateurs de l'expédition.

Neuf passagers turcs ont été tués dans l'assaut israélien de l'un des bateaux de la flottille qui cherchait à briser le blocus israélien imposé à Gaza depuis quatre ans.

Concernant les détails opérationnels de l'arraisonnement, la commission est censée se contenter d'un rapport interne que l'armée doit présenter avant le 4 juillet.

La Turquie, les Palestiniens ainsi que l'ONU ont critiqué cette commission en exigeant la constitution d'une commission internationale indépendante.

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait réclamé «une enquête impartiale, crédible et transparente conforme aux critères internationaux».