Les candidats à la Maison Blanche Barack Obama et John McCain ont appelé mardi à des mesures immédiates pour protéger l'épargne des familles et des petites entreprises, mais cet appel cache mal leur désarroi après l'échec du plan de sauvetage des institutions financières.

En campagne dans l'État clef du Nevada, M. Obama a affirmé que la crise financière n'était pas seulement l'affaire de Wall Street et qu'elle mettait en péril l'épargne des travailleurs et menaçait nombre de petites entreprises incapables de faire face à leurs créances. M. Obama a trouvé «scandaleux» que les contribuables soient appelés à la rescousse mais, a-t-il mis en garde, «des millions d'emplois pourraient être perdus et une longue et douloureuse récession pourrait survenir» en cas d'inaction.

Le sénateur de l'Illinois a proposé que le FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation), l'organe fédéral américain d'assurance des dépôts bancaires, porte de 100 000 à 250 000 dollars la garantie des dépôts bancaires effectués par les particuliers et les petites entreprises.

Un peu plus tard, le candidat républicain John McCain a repris à son compte la proposition de son adversaire et proposé à son tour de porter à 250 000 dollars la garantie des dépôts bancaires.

Le rôle du FDIC est d'assurer aux épargnants qu'ils ne perdront pas leur argent. Elle fonctionne comme une mutuelle d'assurance pour les banques commerciales. Le FDIC joue aussi le rôle d'organe de surveillance: dès que l'une des banques ne présente plus les garanties nécessaires, la FDIC en prend le contrôle et la met en liquidation, tout en assurant aux épargnants qu'ils puissent récupérer leur mise, à hauteur, jusqu'à présent, de 100 000 dollars par personne.

Mardi soir, le FDIC a indiqué qu'il souhaitait pouvoir augmenter le plafond de la garantie accordée aux déposants en cas de faillite de leur banque.

«Cela aurait le double avantage de fournir des liquidités supplémentaires aux banques pour leurs prêts et de fournir une assurance complémentaire aux déposants», a déclaré Sheila Bair, présidente du FDIC, jugeant néanmoins que les banques restent dans leur majorité écrasante bien capitalisées et en bonne santé.»

Plusieurs économistes estiment qu'avec toutes les faillites bancaires qui devraient se produire d'ici à fin 2009, il faudra au moins 200 milliards de dollars au fonds de garantie.

Les deux candidats à la Maison Blanche se sont également entretenus au téléphone dans la matinée avec le président George W. Bush.

Le président américain a déclaré mardi que les efforts pour faire adopter le plan de sauvetage du système financier américain se poursuivaient et que son rejet la veille par la Chambre des représentants ne signifiait pas «la fin» du processus législatif.

Les chefs de file démocrates au Congrès, Harry Reid et Nancy Pelosi ont fait part au président Bush de leur confiance dans le vote par le Congrès d'un nouveau plan de sauvetage du secteur bancaire.

M. Obama a souhaité que l'augmentation de la garantie des dépôts bancaires soit incluse dans le plan de sauvetage économique et indiqué qu'il allait demander aux parlementaires «d'agir sans délai pour adopter un plan de sauvetage».

Mais, la Chambre des représentants ne se réunira pas avant jeudi, pour cause de Nouvel An juif. Le Sénat pourrait en revanche commencer à examiner le plan dès mercredi soir, selon le sénateur démocrate John Kerry.

Lors d'un déplacement de campagne à Des Moines (Iowa, centre), M. McCain a dénoncé «l'inaction» du Congrès. «Hier, a-t-il déclaré, le pays et le monde comptaient sur Washington pour montrer ses qualités de leader, et le Congrès une fois de plus est venu les mains vides».

Lundi, M. McCain avait tenté implicitement de rejeter l'échec du plan de sauvetage sur les démocrates en général et sur M. Obama en particulier.

Un sondage Washington Post/ABC News attribue la responsabilité de l'échec aux parlementaires républicains.

Le plan Paulson de 700 milliards de dollars a été rejeté lundi par 228 voix contre 205 par à la Chambre en raison notamment de l'opposition d'une majorité de parlementaires républicains.