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L'impasse fait place à l'optimisme dans le nucléaire iranien

Le déblocage récent s'explique notamment par la pression... (PHOTO ADEM ALTAN, ARCHIVES AFP)

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Le déblocage récent s'explique notamment par la pression populaire qui s'est manifestée l'an dernier avec l'élection du président Hassan Rohani.

PHOTO ADEM ALTAN, ARCHIVES AFP

Après plus de 10 ans de blocage, Washington et Téhéran ont conclu hier leurs premières discussions officielles sur l'épineuse question des ambitions nucléaires de l'Iran. Ces deux jours de pourparlers se sont déroulés dans un «climat positif», selon le négociateur en chef de l'Iran. Mais les écueils demeurent nombreux et la date butoir du 20 juillet est déjà remise en question. La Presse en discute avec Houchang Hassan-Yari, chercheur-invité au Centre d'études sur la paix de l'Université Tromsø, en Norvège, et professeur au Collège militaire royal du Canada.

Q: Les États-Unis et l'Iran mènent leurs premières discussions officielles sur le programme nucléaire iranien depuis que ce dernier a été révélé au monde, en 2002. Faut-il être optimiste?

R: Washington a montré sa bonne foi dans le processus; Téhéran le constate et fait sa part. Somme toute, le climat est positif. L'optimisme est là et une entente est possible.

Q: Comment expliquer un tel déblocage?

R: Les deux parties, pour des raisons différentes, cherchent à régler le problème. Barack Obama, tant aux États-Unis que sur la scène internationale, a investi son prestige dans la question. En Iran, les sanctions économiques menacent le régime islamique de l'intérieur. Une pression populaire s'est manifestée l'an dernier avec l'élection du président Hassan Rohani, qui avait promis le déblocage du dossier. L'ayatollah Ali Khamenei ne fait pas confiance aux États-Unis, mais est forcé par les circonstances de participer aux négociations.

Q: Que demande l'Iran à la table des négociations?

R: L'objectif de l'Iran est la levée des sanctions économiques. Celles-ci ont des impacts majeurs: système bancaire incapable de faire des affaires avec le reste du monde, absence d'investissements étrangers dans le secteur énergétique, dépendance de l'Iran aux économies chinoise et russe, développement phénoménal de la corruption.

Q: Que demandent les États-Unis?

R: Les États-Unis ne demandent plus la fin complète des activités nucléaires iraniennes. Ils exigent que l'uranium ne soit pas enrichi au-delà de 5% afin qu'il ne serve pas à la fabrication d'armes nucléaires, que la construction de l'usine d'eau lourde d'Arak soit modifiée pour qu'elle ne puisse produire le plutonium nécessaire à la fabrication de bombes et qu'un régime de contrôle international soit instauré pour éviter tout dérapage et rassurer les alliés américains dans la région, notamment Israël et l'Arabie saoudite.

Q: Quel est le principal obstacle aux négociations?

R: Les deux parties ne s'entendent pas sur le nombre de centrifugeuses (des appareils servant à enrichir l'uranium) qui doivent se trouver en Iran. Selon l'ONU, l'Iran posséderait environ 19 000 centrifugeuses, dont 10 000 en fonction. Les États-Unis voudraient réduire ce nombre à quelques centaines. La différence dans les positions se chiffre en milliers.

Q: La date butoir fixée au 20 juillet arrive à grands pas. Hier, un responsable iranien a affirmé qu'elle pourrait être repoussée de six mois si aucune entente n'est conclue d'ici là. Que pensez-vous d'une telle possibilité?

R: Cela compliquerait la situation et renforcerait la position des opposants, qui auraient six mois de plus pour tenter de faire déraper le processus.

Q: L'Iran, qui soutient le régime de Bachar al-Assad en Syrie, a dit ne pas vouloir lier la question syrienne aux négociations sur le nucléaire. Les États-Unis accepteront-ils cette base de négociation?

R: Les négociations, de toute façon, influenceront la question syrienne. Si l'Iran sort satisfait des négociations nucléaires, il sera plus porté à jouer un rôle positif dans la crise syrienne en invitant ou en forçant Assad à faire des compromis. Au contraire, si l'Iran est mécontent des négociations, il risque de jouer un rôle encore plus négatif en Syrie.

Q: Comment Israël voit-il ces négociations?

R: D'un très mauvais oeil. Israël craint que la résolution de ce différend conduise à un rapprochement entre les États-Unis et l'Iran. L'Arabie saoudite entretient la même peur.

UN MARATHON DE NÉGOCIATIONS

Les discussions qui ont pris fin hier entre Washington et Téhéran s'inscrivent dans un long sprint de négociations. Voici les prochaines étapes.

Aujourd'hui: Rencontre bilatérale entre l'Iran et la France à Genève.

Aujourd'hui et demain: Rencontres bilatérales entre l'Iran et l'Allemagne à Rome.

Dimanche: Rencontre bilatérale entre l'Iran et la Russie à Téhéran.

Du 16 au 20 juin: Négociations entre l'Iran et le groupe appelé «5+1» (les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU, soit les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni, en plus de l'Allemagne), à Vienne.




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