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Accord sur le nucléaire iranien: lendemain de veille aigre-doux

Le secrétaire d'État John Kerry a défendu dimanche... (Photo Carolyn Kaster, AP)

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Le secrétaire d'État John Kerry a défendu dimanche l'accord intérimaire de Genève au nom de l'administration Obama.

Photo Carolyn Kaster, AP

Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(NEW YORK) Si la plupart des experts réservent un bon accueil à l'accord intérimaire de Genève sur le nucléaire iranien, les principaux alliés des États-Unis au Moyen-Orient et certains élus du Congrès américain y trouvent, en revanche, matière à critique.

Ces réactions contrastées illustrent la complexité d'un dossier qui pourrait peser lourd sur le bilan de Barack Obama à la Maison-Blanche. D'où l'empressement du président américain de se féliciter, samedi soir, d'une «première étape importante» qui, selon lui, «barre le chemin le plus évident» de l'Iran vers une bombe atomique.

Quelques heures plus tard, David Albright, ancien inspecteur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ne voyait pas grand-chose à redire de cette analyse.

«L'accord intérimaire accomplit beaucoup», a écrit dans un courriel l'expert américain, saluant notamment l'engagement de l'Iran de cesser tout enrichissement d'uranium à plus de 5% et de neutraliser son stock d'uranium enrichi à près de 20% en le diluant.

Selon lui, ces deux promesses, si elles se réalisent, ajouteront quelques mois au temps dont l'Iran aurait besoin pour produire la quantité d'uranium nécessaire à la fabrication d'une bombe.

«Cela peut paraître modeste, mais, combinée à l'accès quotidien des sites de Natanz et de Fordo à des experts de l'AIEA, cette augmentation du délai serait importante. Et cet accès fournira une transparence encore plus grande sur l'enrichissement et réduira le temps de détection s'il y a non-respect de l'entente.»

Mark Fitzpatrick, du centre de réflexion International for Strategic Studies, a fait entendre le même son de cloche.

«Il y a quelques semaines à peine, des analystes prédisaient que l'Iran serait capable d'ici l'été prochain de produire en une semaine ou moins la quantité d'uranium nécessaire à la fabrication d'une bombe. Maintenant, ce sera une affaire de mois», a déclaré l'expert britannique.

Et d'ajouter: «Oui, l'enrichissement continuera, c'était inévitable, mais il fera l'objet d'un contrôle plus serré.»

Les négociations vers une solution complète sur le nucléaire iranien devraient cependant être encore plus ardues que celles ayant mené à l'accord intérimaire de Genève, préviennent les experts. Ceux-ci ont notamment souligné le différend entre Washington et Téhéran sur le «droit» de l'Iran à enrichir l'uranium.

La réaction nuancée des experts tranche avec la colère exprimée dimanche par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

«Ce qui a été conclu à Genève n'est pas un accord historique, mais une erreur historique», a-t-il déclaré à l'ouverture du Conseil des ministres hebdomadaire. «Le monde est devenu plus dangereux, car le régime le plus dangereux au monde a fait un pas significatif vers l'acquisition de l'arme la plus dangereuse au monde», a-t-il ajouté, en déplorant la levée de sanctions «en échange de concessions cosmétiques de la part de l'Iran».

Hauts cris républicains

À Washington, plusieurs élus républicains ont repris à leur compte les critiques du gouvernement israélien.

«Nous leur avons donné la permission de continuer l'enrichissement», a déploré sur CNN le représentant républicain Mike Rogers, président de la Commission sur le renseignement. «Nous avons fait la même erreur avec le Pakistan, nous avons fait la même erreur avec la Corée du Nord.»

Plusieurs élus du Congrès ont promis hier d'adopter un renforcement des sanctions actuelles des États-Unis contre l'Iran, sanctions qui entreraient en vigueur si Téhéran ne respectait pas l'accord intérimaire ou refusait de négocier une solution finale.

«Si l'Iran ne consent pas à un accord final qui l'empêche d'acquérir l'arme nucléaire, il existe un vaste consensus au Congrès pour imposer des sanctions encore plus dures», a déclaré le sénateur démocrate Carl Levin, président de la Commission de la défense, dans un communiqué.

Le secrétaire d'État John Kerry a défendu dimanche l'accord intérimaire de Genève au nom de l'administration Obama.

«Il n'y a pas la moindre différence entre les États-Unis et Israël sur l'objectif final, qui est que l'Iran n'aura pas de bombe nucléaire», a-t-il affirmé, en assurant que le texte de l'accord ne dit pas que l'Iran a le droit à l'enrichissement d'uranium.

«Notre espoir est que l'accord sur le nucléaire puisse conduire à une nouvelle relation de l'Iran avec l'Occident et avec ses voisins», a-t-il ajouté.

- Avec Reuters et AFP




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