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Mandela lègue 4,1 millions de dollars à sa famille, six écoles et l'ANC

Incarcéré pendant 27 ans dans les geôles du... (PHOTO THEMBA HADEBE, AP)

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Incarcéré pendant 27 ans dans les geôles du régime raciste d'apartheid, le père de la démocratie sud-africaine n'avait pas amassé une fortune colossale.

PHOTO THEMBA HADEBE, AP

Agence France-Presse
Johannesburg

Quelque 4,1 millions de dollars : c'est la fortune que l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, dont le testament a été ouvert lundi, lègue à sa famille, son parti, l'ANC, et six écoles chères à son coeur.

Deux mois après sa mort à l'âge de 95 ans, les hommes de loi de l'ancien chef d'État ont dressé un inventaire évaluant provisoirement son patrimoine à 46 millions de rands, soit 4,1 millions de dollars, au cours actuel du rand.

La monnaie sud-africaine s'est considérablement dépréciée depuis 2004 (-85 % par rapport à l'euro), année où Mandela a rédigé ses dernières volontés. Il avait alors 86 ans.

Incarcéré pendant 27 ans dans les geôles du régime raciste d'apartheid, le père de la démocratie sud-africaine n'avait pas amassé une fortune colossale.

Mais il avait emménagé à sa libération dans une belle demeure à Johannesburg, dans le quartier fortuné d'Houghton, et le prix Nobel de la paix percevait d'importants revenus de la publication de ses livres et de différents projets à son nom.

Sa famille était réunie pratiquement au complet pour l'ouverture du testament, tandis que l'Afrique du Sud craint que les descendants de Mandela ne continuent à se livrer à de sordides réglements de comptes, comme cela a été le cas ces derniers mois.

La lecture a eu lieu à huis clos, avant que les 17 pages ne soient distribuées à la presse.

«Pour les familles, la lecture d'un testament est toujours une occasion chargée d'émotions, car cela fait ressurgir tant de choses. Mais cela s'est bien passé», a indiqué le juge Dikgang Moseneke, l'un de ses trois exécuteurs testamentaires.

«Le testament a été lu, page après page. Cela a pris plus de temps que nous avions pensé. Des clarifications ont été demandées de temps à autre», a-t-il ajouté.

M. Mandela avait pris soin d'écrire un mot d'explication à la plupart de ses légataires.

Nelson Mandela a plus de 30 enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, nés de ses deux premiers mariages.

Il a aussi inclus dans ses dernières volontés les enfants de sa veuve Graça Machel, épousée alors qu'il avait 80 ans, tout comme son ancienne secrétaire particulière Zelda La Grange, au nombre de neuf anciens collaborateurs gratifiés de 50 000 rands (environ 5000 $).

Le testament prévoit différents legs aux écoles fréquentées par Nelson Mandela dans sa jeunesse afin qu'elles puissent offrir des bourses à leurs élèves, notamment l'Université de Fort Hare et celle de Witwatersrand à Johannesburg.

Nelson Mandela était connu pour sa priorité donnée à l'enseignement et ses petits-enfants abondent d'anecdotes où grand-père les asticotait pour leurs résultats scolaires.

L'essentiel de ses redevances ira à la fondation familiale «Nelson Rohlilala Mandela Family Trust», qui devra toutefois partager entre 10 et 30 % des revenus avec l'ANC, son parti politique, auquel il demande d'en faire usage «en particulier pour la promotion des principes et des politiques de réconciliation entre les Sud-Africains».

En 2005 et 2008, Nelson Mandela avait ajouté deux annexes à son testament pour stipuler que la famille de son fils décédé Makgatho puisse élire domicile dans sa maison de Johannesburg, notamment son petit-fils controversé Mandla.

«C'est mon souhait que cela serve aussi de lieu de rassemblement à la famille Mandela afin de maintenir son unité longtemps après ma mort», a-t-il souhaité.

Député ANC, Mandla, premier héritier mâle selon la règle coutumière xhosa, s'est publiquement disputé avec la fille aînée de Nelson Mandela, Makaziwe.

Outre la maison de Johannesburg, le défunt a légué à la fondation familiale NRM la propriété de Qunu près de laquelle il est enterré, dans le sud de l'Afrique du Sud, ainsi qu'une maison à Mthatha, non loin de là.

En revanche, les quatre propriétés détenues au Mozambique sous le régime de la communauté de biens avec sa veuve Graça Machel devraient revenir à celle-ci.

Mme Machel, de nationalité mozambicaine, pouvait théoriquement prétendre à la moitié de l'héritage, mais elle devrait se contenter de ce qui lui appartient, bijoux, mobilier de la maison de Johannesburg et ses propres comptes en banque.




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