Les employés de BP qui travaillaient sur la plateforme Deepwater Horizon dont le naufrage est à l'origine de la marée noire dans le golfe du Mexique, s'étaient inquiétés des conditions de sécurité à bord dans une enquête menée avant la catastrophe, indique le New York Times jeudi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

L'enquête menée par le propriétaire de la plateforme, Transocean, dans les semaines précédant son explosion, indique que plusieurs employés «ont souvent constaté des comportements mettant en péril la sécurité sur la plateforme».

Certains employés se plaignaient aussi du manque de fiabilité de la plateforme qu'ils appréhendaient comme la «conséquence de la nécessité de forer plutôt que de s'assurer de la bonne maintenance» des équipements, selon l'enquête qu'a pu consulter le quotidien de référence.

La présentation du New York Times «déforme» le document, «un rapport interne sur la culture de la sécurité et le climat à bord de Deepwater Horizon», a réagi dans un communiqué Transocean.

L'article du quotidien est «dépourvu de tout contexte», a ajouté la compagnie, indiquant que le rapport mentionnait uniquement des exemples de chutes d'objets.

L'entreprise a aussi transmis un résumé du document qui affirme «sans équivoque», selon Transocean, que «de nombreux aspects essentiels de la gestion de la sécurité» sur la plateforme étaient «plutôt solides».

L'étude a été conduite par deux enquêteurs de Lloyd's Register Group qui se sont rendus sur la plateforme du 12 au 16 mars pour interroger au moins 40 travailleurs.

L'enquête, qui décrit les inquiétudes des employés et explique leur silence sur ces questions par la peur de représailles, ajoute néanmoins que la plateforme «était relativement sûre en matière de gestion humaine de la sécurité» grâce notamment au bon «travail d'équipe» à bord.

Une autre étude de 112 pages commandée par Transocean et portant sur les éléments clés de la plateforme comme les systèmes de prévention anti-explosion montre que ces équipements n'ont pas été entièrement examinés au cours de la dernière décennie alors que le cahier des charges prévoit une inspection tous les trois à cinq ans.

Dans le New York Times, un porte-parole de la compagnie, Lou Colasuonno, précise que la plateforme a fonctionné pendant sept ans sans le moindre incident.