La marée noire qui se déplace depuis plus d'un mois dans le golfe du Mexique était très proche mercredi des côtes de Floride, qu'elle pourrait atteindre d'ici le week-end, alors que les robots poursuivent leur délicat travail sous-marin pour contrôler la fuite.

Mis à jour le 2 juin 2010
Patrick Baert AGENCE FRANCE-PRESSE

Selon les garde-côtes, des nappes isolées de pétrole se trouvaient mercredi matin à une dizaine de kilomètres des plages de Pensacola, un important lieu de villégiature du nord-ouest de la Floride.

Ce sont «des milliers de boulettes» de pétrole qui s'approchent dangereusement des plages, a déclaré dans une conférence de presse le gouverneur de Floride, Charlie Crist, ajoutant que les côtes risquaient d'être touchées «dans la semaine».

Jusqu'ici, toutes les tentatives du groupe pétrolier BP pour contenir ou arrêter la pire marée noire de l'histoire américaine ont échoué, depuis le naufrage de la plateforme Deepwater Horizon le 22 avril.

Pour contenir la fuite, les ingénieurs de l'entreprise britannique comptent désormais y apposer un «entonnoir» censé récupérer le brut qui s'écoule à 1 500 mètres de profondeur pour le stocker sur un bateau qui mouille en surface.

Ils ont réalisé la première phase de cette opération consistant à sectionner une portion de l'oléoduc relié au puits de pétrole mardi soir, à l'aide de robots sous-marins.

Ils devaient procéder mercredi à une deuxième coupe au point de jonction entre l'oléoduc et la tête de la valve, avec une scie en diamant, afin d'obtenir une coupe aussi parfaite que possible pour que l'entonnoir puisse être installé proprement.

Mais, le commandant des garde-côtes américains, l'amiral Thad Allen, a indiqué mercredi matin au cours d'une conférence de presse que «la lame de la scie s'est retrouvée coincée dans le tuyau» et que les robots tentaient de la libérer.

Même si cette opération est couronnée de succès, il faudra attendre le mois d'août et la pose de puits de secours pour stopper la fuite.

Et les météorologistes de l'université du Colorado (ouest) prévoient désormais la formation de cinq ouragans «majeurs» cet été dans l'Atlantique nord, ce qui risque de fortement compliquer les opérations de nettoyage de la marée noire.

Selon les estimations de l'administration Obama, entre 72 millions et 113 millions de litres de brut se sont déjà écoulés dans la mer depuis le début de la catastrophe.

Le précieux écosystème des marais de Louisiane a notamment été touché. Des galettes de pétrole ont également été repérées dans le Mississippi et l'Alabama. L'interdiction de pêcher a été étendue par les autorités américaines à environ un tiers des eaux du golfe du Mexique et les bassins ostréicoles ainsi que les plages de Port Dauphin (Alabama) ont été fermés.

D'ores et déjà, les Etats-Unis ont ouvert une enquête judiciaire au civil et au pénal pour faire la lumière sur la marée noire.

Quant à BP, le groupe s'est effondré mardi à la Bourse de Londres, portant la chute de sa valeur à plus d'un tiers depuis le début de la marée noire, qui lui a coûté déjà plus d'un milliard de dollars.

Mercredi, BP a lancé une nouvelle campagne publicitaire pour redorer son blason aux États-Unis, s'offrant une pleine page dans les principaux quotidiens. Il a installé un immense village de tentes et de mobile-homes, afin d'accueillir le personnel qui lutte contre la marée noire à Port Fourchon (Louisiane).

Le président américain Barack Obama a promis mercredi de rallier des élus du Sénat à sa loi sur l'énergie et le climat, dont la nécessité a été mise en évidence selon lui par la «catastrophe» de la marée noire.