La candidate démocrate à la Maison-Blanche Hillary Clinton a reconnu sa part dans la polarisation de la politique américaine mercredi lors d'un discours prononcé sur le lieu d'une allocution célèbre de l'ancien président républicain Abraham Lincoln.

Publié le 13 juill. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Encore une fois, Hillary Clinton a consacré une large part de son intervention à son adversaire, le républicain Donald Trump. Le qualifiant de menace pour la démocratie, elle a regretté que le parti de Lincoln soit devenu « le parti de Trump ».

Elle s'exprimait dans l'ancien parlement de l'Illinois, à Springfield, dans la salle même où Abraham Lincoln, alors candidat au Sénat, prononça en 1858 un discours sur l'esclavage connu sous le titre de « Une maison divisée contre elle-même ne peut tenir debout ».

« Je ne peux pas me tenir ici devant vous et affirmer que mes paroles ou mes actes n'ont pas parfois alimenté les divisions partisanes qui empêchent le progrès », a déclaré Hillary Clinton. « J'admets que je dois m'améliorer aussi ».

Mais elle a éreinté Donald Trump pour son comportement incendiaire, notamment dans le domaine des relations entre minorité noire et forces de l'ordre, après la mort de deux Afro-Américains la semaine dernière lors de contrôles de police et le meurtre de cinq policiers à Dallas.

Citant une interview dans laquelle l'homme d'affaires a dressé un parallèle entre le racisme systémique contre les Noirs et sa propre situation de rejet par « le système », Hillary Clinton s'est dite consternée : « même quand on parle de gens tués, il se met au centre ».

« La candidature de Donald Trump se résume à un message sinistre et dangereux pour l'Amérique, un message de peur », a-t-elle dit.

Et tout en critiquant le candidat populiste, qui sera investi la semaine prochaine comme porte-flambeau républicain lors de la convention de Cleveland, Hillary Clinton a tendu la main à ses électeurs.

« Mettons-nous à la place des partisans de Donald Trump. Même si nous ne sommes pas d'accord sur les solutions aux défis actuels, j'estime que, comme tout le monde, ils ne font qu'essayer de trouver leur place dans une Amérique en plein changement », a dit la démocrate.