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David Haines: «l'Écossais fou» de l'humanitaire

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Denis HIAULT
Agence France-Presse
LONDRES

L'Écossais David Haines a passé 15 ans de sa vie à braver les dangers en première ligne sur le front de l'action humanitaire dans les Balkans en Afrique et au Moyen-Orient, pour finir décapité par les djihadistes de l'État Islamique (EI).

Enthousiaste, doté d'un solide sens de l'humour, le volontaire élancé de 44 ans au passé militaire avait gagné le sobriquet «d'Écossais fou» dans les rangs d'ONG allemande, américaine et française. Tour à tour en Croatie, en Libye, au Sud-Soudan et finalement en Syrie.

Sa dernière mission consistait à ravitailler en eau potable, nourriture et tentes les Syriens victimes de la guerre ravageant leur pays. Il agissait en tant que responsable logistique pour le camp de réfugiés d'Atmeh, proche de la frontière avec la Turquie, pour le compte de l'organisation non gouvernementale française ACTED.

C'était le 12 mars 2013, juste après son arrivée en Syrie. Des individus armés l'ont stoppé, contraint sous la menace d'armes à grimper dans le coffre de leur véhicule, en même temps qu'un Italien relâché ultérieurement, sain et sauf.

Depuis, ACTED a multiplié les appels soulignant que «la vie d'un homme ne devrait jamais être menacée du fait de son engagement humanitaire».

David Cameron, chef d'un gouvernement britannique qui refuse le versement de rançons, a fait état sans autres détails «d'une tentative avortée pour le libérer».

«David Haines est un héros britannique», a-t-il dit.

La dernière image du Britannique en combinaison orange, émacié, le crâne rasé, à genoux dans le sable devant son bourreau armé d'un poignard, a révulsé le Royaume-Uni.

Un CV composite

Né à Holderness dans l'est de l'Angleterre, il a effectué ses études secondaires dans une des écoles les plus vieilles et les plus prestigieuses d'Écosse, la Perth Academy.

«David et moi avons reçu une éducation qui faisait la différence entre le bien du mal (...) Quand il le voulait, c'était une source d'inspiration, une force motrice; et parfois il était le pire des emmerdeurs bornés», a commenté son unique frère Mike, dans un communiqué relayé par le ministère des Affaires étrangères britannique.

Le curriculum vitae de la victime de l'EI est à tout le moins composite. Il fait état d'emplois à Royal Mail, à Scotrail. Le jeune homme a aussi créé une PME vendant des machines à fabriquer de la crème glacée en Croatie.

Il a servi comme mécanicien sur les avions de la Royal Air Force (RAF) et «a occupé divers postes dans les domaines de la sécurité et de l'évaluation des risques dans un certain nombre de pays».

Une carrière humanitaire

Sa vie bascule alors qu'il a 29 ans. En 1999, et jusqu'en 2004, il rejoint l'association allemande Arbeiter Samariter Bund, dans la Croatie ravagée par la guerre des Balkans. Pour prêter assistance à des centaines de déplacés de retour chez eux, afin qu'ils reconstruisent leurs maisons et leur vie.

«Il a aidé tous ceux qui avaient besoin d'aide, quel que soit leur race, leur engagement, ou leur religion», dit sa famille.

En avril 2011, il est à la tête d'un projet de Handicap International, dans une Libye exsangue après la chute de Mouammar Kadhafi. L'enjeu est d'avertir la population contre les dangers des mines et autres engins explosifs abandonnés par les combattants.

L'année d'après, on le retrouve au Sud-Soudan, pour le compte de Nonviolent Peaceforce, une ONG internationale basée aux États-Unis, qui oeuvre à la façon «d'une force de paix civile, non armée» dans les zones de conflit.

Ceux qui l'ont fréquenté décrivent un homme profondément humain, doté d'un solide sens de l'humour. ACTED a loué dimanche «sa générosité, son engagement et son professionnalisme».

Il avait deux filles, de 17 et 4 ans, issues de deux unions. L'Écossais s'était marié une première fois en kilt à Louise, son amour de jeunesse, et une seconde fois à Dragana, en Croatie où il s'était établi.




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