Maliki accuse les Kurdes d'héberger l'EI

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En accusant la région autonome du Kurdistan d'héberger des insurgés sunnites, Nouri al-Maliki (2e à gacuhe), un chiite, prête le flanc aux critiques pointant sa politique confessionnelle.

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Chaos en Irak

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Chaos en Irak

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EIIL ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Mohamad Ali Harissi
Agence France-Presse
BAGDAD

Le premier ministre irakien a creusé un peu plus les divisions qui minent le pays en accusant mercredi les Kurdes d'abriter des djihadistes, ignorant les nombreux appels à l'unité pour faire face à l'offensive d'insurgés qui a précipité l'Irak au bord du gouffre.

En accusant la région autonome du Kurdistan d'héberger des insurgés sunnites, Nouri al-Maliki, un chiite, prête le flanc aux critiques pointant sa politique confessionnelle. Il court aussi le risque de compromettre le troisième mandat qu'il brigue et auquel, a-t-il affirmé, il ne renoncera pas.

Si le soutien kurde n'est pas nécessaire pour former un gouvernement, ils n'en sont pas moins essentiels pour former un front uni face aux insurgés.

Un mois, jour pour jour, après le lancement d'une offensive fulgurante qui a vu les insurgés sunnites s'emparer de pans entiers du territoire, poussant des centaines de milliers d'Irakiens à fuir, et l'État islamique (EI) à instaurer un califat sur une zone à cheval entre la Syrie et l'Irak, les politiciens sont incapables de faire front commun.

Miné par les divisions, l'Irak subit un blocage politique depuis des années, cumulé à une montée des violences depuis plus d'un an. Celles-ci ont culminé avec l'offensive insurgée menée par les djihadistes ultra-radicaux de l'EI, poussant la communauté internationale et des dirigeants religieux irakiens à multiplier les appels à l'unité.

Mais la partition du pays devient une option plus probable, notamment après l'annonce par le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani d'un projet de référendum d'indépendance.

M. Maliki a fustigé l'initiative et surenchéri mercredi en déclarant qu'on ne pouvait «pas rester silencieux devant le fait qu'Erbil (le capitale du Kurdistan irakien) est devenue un quartier général pour l'État islamique, pour le parti Baas (l'ancien parti de Saddam Hussein, NDLR), pour Al-Qaïda et pour des opérations terroristes».

Les insurgés «vont être défaits, de même que leurs hôtes parce qu'ils ont échoué à fournir un exemple de partenariat démocratique», a-t-il mis en garde.

Ces nouvelles déclarations ne faciliteront pas la tâche du Parlement, qui doit se réunir dimanche pour enclencher le processus de formation d'un gouvernement après une première séance stérile levée dans le désordre et les insultes.

53 cadavres découverts

Plus de deux mois après les élections législatives du 30 avril desquelles le bloc de M. Maliki est sorti en tête, les Parlementaires ne parviennent pas à choisir un premier ministre. Ce poste, le plus important des institutions, revient selon une règle non écrite à un chiite, tandis que les sunnites ont la présidence du Parlement et les Kurdes celle de la République.

Mais les divisions confessionnelles sont toujours plus profondes, et font craindre un retour aux atrocités commises lors du conflit confessionnel qui a fait des dizaines de milliers de morts en 2006-2007.

La découverte mercredi des corps de 53 hommes, ligotés et exécutés dans le centre du pays, a ajouté à cette crainte.

Selon un employé de la morgue, les décès remontent à au moins une semaine. Et les corps, découverts dans des vergers au sud de Hilla, portaient tous des impacts de balles dans la tête ou dans la poitrine, a ajouté une source policière.

Les raisons de ce massacre n'étaient pas claires dans l'immédiat, selon ces deux sources.

Même si la province de Babil, dont Hilla est le chef-lieu, a été le théâtre de combats, la zone où les cadavres ont été retrouvés n'avait pas connu les violences récentes.

En dépit de l'aide apportée par les États-Unis, la Russie et des milices chiites, l'armée irakienne ne parvient pas totalement à relever la tête après la débandade des premiers jours qui a vu des soldats fuir leurs positions, incapables d'enrayer l'avancée des insurgés.

Ainsi, les troupes tentent, sans grand succès, depuis près de deux semaines de reprendre Tikrit, ville de naissance de Saddam Hussein.

En outre, les insurgés ont pris le contrôle d'un ancien dépôt d'armes chimiques en Irak datant de l'époque de Saddam Hussein, chassé en 2003 par l'invasion américaine, selon une lettre du gouvernement irakien à l'ONU.

Le département d'État américain avait annoncé en juin que les djihadistes s'étaient emparés de cette ancienne usine, mais Washington avait estimé qu'ils ne seraient pas en mesure de produire des armes chimiques opérationnelles, en raison de la vétusté et de l'ancienneté des produits pouvant encore s'y trouver.




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