Les forces des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) ont pris le contrôle de l'aéroport d'Abidjan jeudi, a indiqué un responsable de l'ONU.

Mis à jour le 31 mars 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le commandant en chef de l'aéroport, qui avait 100 hommes sous ses ordres, a fait défection du camp du président sortant Laurent Gbagbo «et remis le contrôle aux troupes de l'ONU de façon pacifique», a expliqué ce responsable sous couvert d'anonymat.

Parallèlement, un porte-parole des Casques bleus, Michel Bonnardeaux, a confirmé à l'AFP que des troupes de l'ONUCI se trouvaient à l'aéroport d'Abidjan.

«À la demande des autorités aéroportuaires civiles, nous avons envoyé une unité de 30 hommes. Il ont rencontré un peu de résistance sur la route de l'aéroport, mais ils y sont arrivés», a dit M. Bonnardeaux.

On ignore si l'aéroport est ouvert. Sur son site internet, Air France a indiqué avoir annulé un vol Paris-Abidjan qui devait quitter la capitale française jeudi soir.

Au même moment, les combattants du camp d'Alassane Ouattara étaient aux portes d'Abidjan, la capitale économique ivoirienne, et le chef des armées de son rival, le chef d'État sortant Laurent Gbagbo, a fait défection.

Abidjan, hérissée de barrages de jeunes pro-Gbagbo, était sous haute tension, la plupart des habitants préféraient rester chez eux dans la crainte d'une bataille finale dans cette métropole d'au moins quatre millions d'habitants.

Le premier ministre désigné par M. Ouattara, Guillaume Soro, a affirmé à l'AFP que M. Gbagbo avait «jusqu'à 19h (15h, heure de Montréal) pour démissionner», sinon «on viendra, hélas, le chercher là où il est».

Le pays fermé

Les frontières ivoiriennes sont fermées «jusqu'à nouvel ordre», a annoncé jeudi dans un communiqué le gouvernement d'Alassane Ouattara, président reconnu par la communauté internationale.

«Les frontières terrestres, aériennes et maritimes sont fermées jusqu'à nouvel ordre», indique le ministre de l'Intérieur de M. Ouattara, Hamed Bakayoko, appelant les Ivoiriens au «strict respect» de cette mesure et «au calme et à la sérénité».

Le gouvernement Ouattara, qui contrôle la quasi-totalité du pays après quatre jours d'offensive contre le régime du président sortant Laurent Gbagbo, a aussi décrété un couvre-feu nocturne à Abidjan jusqu'à dimanche, de 21h à 6h(17h à 2h, heure de Montréal).