La situation précaire provoquée par le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, où 1,3 million de personnes vivent encore dans des camps, a accru le nombre de viols et d'enlèvements et vidé les écoles, affirme le rapport annuel de l'organisation Human Rights Watch (HRW) publié lundi.

Mis à jour le 24 janv. 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

«La situation précaire de la sécurité dans les camps rend les femmes et les jeunes filles encore plus vulnérables aux nombreuses agressions sexuelles qui existaient déjà avant le tremblement de terre», souligne le rapport.

Celui-ci mentionne 534 arrestations de février à avril 2010 pour des agressions sexuelles tandis que le taux d'enlèvements a progressé d'un tiers en 2010 par rapport à 2009.

L'organisation internationale dénonce également la chute de la scolarisation alors que près de 4 000 écoles ont été détruites lors du séisme et que 2,5 millions d'élèves ont vu leur scolarité interrompue.

«Les écoles ont rouvert plusieurs mois après le séisme mais beaucoup enregistrent une forte baisse de leur fréquentation», affirme HRW, rappelant qu'avant le tremblement de terre seulement la moitié des enfants en âge d'aller à l'école primaire fréquentaient un établissement scolaire.

L'association de défense des droits de l'homme s'inquiète aussi de la destruction des dossiers judiciaires qui va prolonger la détention provisoire de suspects en attente d'une procédure alors qu'ils ne sont même pas inculpés.

Le rapport rappelle d'autre part que le grand pénitencier de la capitale Port-au-Prince, éventré durant le séisme, a vu s'enfuir 5 400 prisonniers et que seuls 629 ont été rattrapés.