Des enquêteurs américains vont interroger à partir de vendredi des diplomates équatoriens passés par Londres sur les personnes qu'a vues depuis six ans dans cette ambassade le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, a révélé jeudi cette organisation.

Mis à jour le 17 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

WikiLeaks, qui s'est rendu célèbre par la publication de documents officiels classés, a affirmé dans un communiqué que le département américain de la Justice enquêtait sur les rencontres supposées entre M. Assange et l'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort.

WikiLeaks rapporte que les enquêteurs souhaitent s'entretenir avec six personnes ayant travaillé dans cette ambassade de Londres, et que les interrogatoires débuteront vendredi à Quito. D'autres diplomates toujours en poste dans la capitale britannique pourraient être interrogés ultérieurement.

Le quotidien britannique The Guardian avait indiqué en novembre que MM. Manafort et Assange s'étaient vus à plusieurs reprises entre 2013 et 2016.

À la fin de cette période, M. Manafort, avocat et lobbyiste, était devenu connu du grand public. Et WikiLeaks avait publié des milliers de courriers électroniques subtilisés à des membres de la campagne de la rivale de M. Trump à la présidentielle américaine, la démocrate Hillary Clinton.

M. Assange, Australien de 47 ans, s'est réfugié dans l'ambassade équatorienne en 2012 pour échapper à un mandat d'arrêt européen dans des affaires de viol et agression sexuelle en Suède. Si ces affaires sont aujourd'hui classées, il n'est pas ressorti, disant craindre une arrestation par la police britannique et une extradition vers les États-Unis pour des atteintes à la sécurité nationale.

WikiLeaks dément toute rencontre entre avec M. Manafort, personnage central de l'enquête du procureur spécial américain Robert Mueller sur les liens entre M. Trump et la Russie.

Des sénateurs démocrates ont cependant demandé en décembre à la diplomatie américaine d'enquêter sur le sujet.

D'après WikiLeaks, l'Équateur s'est montré particulièrement accommodant face aux demandes d'interrogatoires.

Le ministère des Affaires étrangères «a approuvé la demande, bien qu'il soit extrêmement inhabituel d'autoriser des interrogatoires d'anciens diplomates sur le travail, ou de fournir à des enquêteurs étrangers des renseignements sur des personnes ayant obtenu l'asile politique», a déploré l'organisation.

Interrogé par l'AFP, ce ministère s'est refusé à commenter, indiquant que le sujet incombait à la Justice équatorienne «de manière indépendante du pouvoir exécutif».