L'Équateur cherchera une «issue judiciaire» pour résoudre le cas du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, réfugié depuis juin dans son ambassade à Londres, si la Grande-Bretagne s'obstine à lui refuser un sauf-conduit, a indiqué le ministre équatorien des Affaires étrangères Ricardo Patiño, lors d'un entretien diffusé samedi à Quito.

Publié le 26 janv. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Si après un laps de temps raisonnable, nous n'avons pas trouvé une solution diplomatique, que nous continuons de chercher, alors nous n'aurons pas d'autre alternative que chercher une issue judiciaire, ce qui n'est pas la meilleure option», a expliqué M. Patiño, au cours de cet entretien à la chaîne espagnole RT.

«La seule chose que je puisse faire, c'est d'insister avec respect auprès du Royaume-Uni pour qu'ils examinent les fondements juridiques qui leur ont été présentés afin qu'ils accordent le sauf-conduit» à M. Assange et que «ses droits cessent d'être altérés», a-t-il poursuivi.

Julian Assange est réfugié à l'ambassade d'Équateur à Londres afin d'échapper à une extradition vers la Suède pour une affaire de viol et d'agression sexuelle présumés, dans laquelle l'Australien de 41 ans clame son innocence.

L'Équateur lui a accordé l'asile politique, mais Londres entend appliquer le mandat d'arrêt suédois. Le cybermilitant affirme que s'il est envoyé en Suède, il risque à terme d'être extradé vers les États-Unis, furieux de la publication par WikiLeaks de documents américains secrets, et d'y encourir la peine de mort.

M. Patiño a en outre précisé avoir sollicité une nouvelle réunion sur le sujet avec son homologue britannique William Hague, affirmant qu'il n'avait «malheureusement pas eu de réponse».

Actuellement en campagne en vue de l'élection présidentielle du 17 février, le chef de l'État équatorien Rafael Correa, un dirigeant de gauche au ton critique envers Washington, a déjà averti qu'il maintiendrait l'asile politique de M. Assange, en cas de victoire.