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WikiLeaks et Anonymous: vengeance masquée

Une guérilla web est menée par un groupe... (Photo: Reuters)

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Une guérilla web est menée par un groupe composé de centaines d'internautes appelé Anonymous, qui veut venger l'arrestation du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange.

Photo: Reuters

(Los Angeles) Visa, MasterCard, Swiss Bank... Certaines des plus grandes entreprises financières du monde sont victimes d'attaques informatiques venues du groupe Anonymous, qui dit vouloir venger l'arrestation du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Une forme de protestation menée à partir d'un logiciel libre et légal, rapporte notre correspondant.

L'arrestation de Julian Assange a déclenché une vague d'attaques virtuelles qui a temporairement perturbé les sites de Visa, MasterCard et PayPal, la semaine dernière.

Cette guérilla web est menée par un groupe composé de centaines d'internautes appelé Anonymous, une sorte de nuée sans chef qui décide spontanément de causer du tort à une organisation jugée fautive.

Jusqu'ici, le tableau de chasse d'Anonymous reste plutôt maigre: les actions symboliques des pirates informatiques visaient les sites des entreprises et n'ont pas affecté les transactions.

Le chercheur et spécialiste du Net, Evgeny Morozov, a écrit dans Foreign Policy que ces manifestations virtuelles s'apparentaient davantage à une occupation qu'à une attaque destructrice contre un ennemi donné.

«Comme le sit-in, cette technique vise à déranger brièvement un service ou une institution dans le but de faire valoir un point de vue. Comme on ne criminalise pas tous les sit-in, je ne crois pas que l'on devrait criminaliser toutes ces perturbations.»

Les manifestants du web ont visé les sites de MasterCard, Visa et PayPal, après que ceux-ci ont cessé d'accepter les micropaiements envoyés à WikiLeaks. L'indignation des militants vient aussi d'une apparente duplicité dans les critères de ces géants financiers.

Ceux-ci autorisent depuis longtemps les transactions web du Knights Party (l'incarnation actuelle du Klu Klux Klan), de la majorité des sites pornographiques ou encore des militants antiavortement qui encouragent la violence contre les médecins et leurs patientes.

Pas très sophistiqué

Les attaques sont dirigées au moyen d'un logiciel libre et gratuit appelé Low Orbit Ion Cannon (LOIC). Les internautes peuvent utiliser le logiciel pour lancer une attaque directement sur un site ou encore mettre leur ordinateur volontairement à la disposition d'un groupe qui mène une attaque.

Or, ces gestes ne sont pas très sophistiqués, selon les experts. Et ceux qui y prennent part ne masquent pas toujours l'adresse IP de leur ordinateur, ce qui permet leur identification. Deux adolescents ont d'ailleurs été arrêtés aux Pays-Bas au cours des derniers jours.

Des chercheurs universitaires des Pays-Bas ont résumé la situation en ces mots: «La technique des attaques est un peu l'équivalent de submerger quelqu'un par un grand nombre de lettres, mais en inscrivant votre adresse à l'endos de l'enveloppe.»

Julian Assange s'est attiré la sympathie des internautes depuis son arrestation: hier, le magazine Time a dit que sa candidature au titre de «Personnalité de l'année» avait recueilli le plus grand nombre de votes dans un sondage en ligne. Les éditeurs du Time doivent annoncer leur choix demain.

La réaction contre l'arrestation de Julian Assange est loin d'être le seul champ d'intérêt de ces pirates informatiques. Interviewé par The Guardian, l'un d'eux a dit être là pour faire de l'argent.

«Par exemple, si vous aviez un DVD d'Harry Potter 7, partie 1, vous pourriez faire 12-15 000 dollars en le vendant (aux pirates informatiques)», a-t-il écrit.




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