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Le pari de la Garde nationale à Ferguson

La Garde nationale a été appelée en renfort... (PHOTO MARK KAUZLARICH, REUTERS)

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La Garde nationale a été appelée en renfort à Ferguson, hier, après la reprise des émeutes dans la nuit de dimanche à lundi.

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La mort de Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans abattu par un policier blanc, a plongé cette banlieue de St. Louis au Missouri, dont la population est à forte majorité afro-américaine, dans une crise raciale et sociale sans précédent. »

Aux États-Unis, un policier blanc tue un Noir en moyenne tous les quatre jours. Mais la mort du jeune Michael Brown, tué par l'agent Darren Wilson le 9 août à Ferguson, au Missouri, a déclenché des affrontements d'une rare violence qui perdurent. Hier, la Garde nationale a été appelée en renfort dans la ville. Une mesure aussi exceptionnelle que controversée. Voici cinq raisons pour lesquelles ce cas a fait sauter la marmite.

UNE MORT QUI CHOQUE

Le 9 août dernier, l'agent Darren Wilson, un Blanc, tire en plein jour sur le jeune Michael Brown, un Noir de 18 ans. Selon certaines versions, Brown était menaçant et tentait de subtiliser l'arme du policier. D'autres témoins affirment qu'il avait au contraire les mains en l'air au moment d'être tiré.

Hier, une autopsie réalisée à la demande de la famille a révélé que Brown avait été atteint de six balles - quatre au bras droit et deux dans la tête - et que le corps ne présentait aucune trace de lutte.

«Les communautés tolèrent l'usage de la force lorsqu'il est justifié, explique James Stewart, directeur de CNA Corporation - une organisation de recherche sur la sécurité qui collabore étroitement avec le département de la Justice américain. Mais ici, Brown n'était pas armé. Et des témoins affirment qu'il n'était pas une menace immédiate et que le policier a tiré à plusieurs reprises. On ne sait pas ce qui est vrai. Mais ce genre de témoignage provoque immanquablement la colère et l'indignation.»

UN CONTEXTE TENDU

Voitures de police vandalisées, magasins saccagés, commerces pillés: les premières émeutes à Ferguson à la suite de la mort de Brown n'ont pas fait dans la dentelle. Selon l'expert James Stewart, c'est le signe d'un bouchon qui saute après des années de relations tendues entre la police et la communauté. «Ce cas sert de catalyseur. Il sert à évacuer toutes les injustices - ou les perceptions d'injustice - accumulées», dit l'analyste.

DES INFORMATIONS QUI SE FONT ATTENDRE

Amélie Escobar, chercheuse en résidence à l'Observatoire des États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, note à quel point la police locale a échoué à bien informer les citoyens sur la tragédie. Il a fallu une semaine, par exemple, avant de dévoiler le nom du policier qui a tiré.

James Stewart explique que c'est la pire chose à faire. «En l'absence d'informations, les gens se font leur propre histoire à partir de ce qu'ils ont: les témoignages, dit-il. Ils considèrent qu'on leur cache des choses, que la police veut camoufler des preuves.»

«Il faut être très clair et dire: voici ce que l'on sait, voici ce qu'on ignore. Et nous allons fournir une mise à jour dans 72 heures», continue le spécialiste.

UNE RÉPONSE POLICIÈRE INAPPROPRIÉE

Mitraillettes, véhicules blindés, gaz lacrymogènes, équipements de combat: la police de Ferguson a répondu aux premières manifestations par la force. Une force qui vient du fait qu'au lendemain du 11 septembre 2001, les corps de police américains se sont équipés pour combattre les menaces terroristes et les cartels de la drogue.

«Ils ont envoyé des équipes d'intervention pour la lutte contre la drogue pour gérer une manifestation», résume James Stewart.

La police de Ferguson a finalement été remplacée par celle du Missouri qui, dirigée par Ron Johnson, un Noir, a réussi à calmer temporairement les choses. Mais la nouvelle que Brown avait été atteint de six balles a relancé la violence.

LE PARI DE LA GARDE NATIONALE

L'envoi de la Garde nationale à Ferguson hier représente un pari. Les émeutes de dimanche ont été marquées par des coups de feu et des cocktails Molotov, et des casseurs venus d'ailleurs convergent maintenant vers Ferguson pour y semer la pagaille.

«Je ne dis pas que ce recours est injustifié, car il faut assurer la sécurité, dit l'expert James Stewart. Mais je ne le recommande pas.»

«La Garde nationale parviendra sans doute à contenir les débordements. Mais elle ne calmera certainement pas les tensions entre les forces de l'ordre et les manifestants», renchérit Amélie Escobar, de l'UQAM.

Hier, Barack Obama a dit que le recours à la Garde nationale devait être «limité». «Je surveillerai, dans les jours qui viennent, pour qu'elle aide plutôt que d'aggraver la situation à Ferguson», a-t-il prévenu.

1957: La Garde nationale de l'Arkansas est déployée pour permettre à un groupe d'étudiants noirs d'entrer dans une école secondaire qui pratiquait auparavant la ségrégation raciale.

1964: La Garde nationale de New York intervient lors des émeutes raciales de Rochester.

1965: La Garde nationale californienne intervient lors des émeutes raciales de Watts, à Los Angeles.

1970: Des éléments de la Garde nationale de l'Ohio sont déployés à l'Université Kent pour calmer une manifestation contre la guerre du Viêtnam.

1992: La Garde nationale de la Californie intervient lors de violentes émeutes à Los Angeles.




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