Le guide spirituel de la communauté chiite irakienne, Ali al-Sistani, a averti vendredi qu'il pourrait intervenir dans la crise politique en cours à Bagdad faute d'accord entre les partis irakiens pour la formation d'un gouvernement.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le Grand Ayatollah ne soutiendra aucun candidat au poste de premier ministre et n'en refusera aucun», a déclaré vendredi aux journalistes Hamed al-Khaffaf, porte-parole d'Ali Sistani, dans la ville sainte de Najaf, à 150 km au sud de Bagdad.

«Le Grand Ayatollah espère qu'un gouvernement efficace et capable de régler les problèmes du pays sera formé au plus vite et qu'il n'y aura pas un vaste problème politique nécessitant l'intervention des autorités religieuses», a ajouté le porte-parole d'Ali Sistani, une figure révérée des chiites irakiens qui représentent au moins 60% de la population.

Si le Parlement issu des législatives du 7 mars s'est réuni lundi en séance inaugurale, les partis n'ont toujours pas trouvé d'accord sur le nom de celui qui sera chargé de former un gouvernement.

Le scrutin avait été remporté par le Bloc irakien du candidat laïc Iyad Allawi (91 sièges sur 325), devant l'Alliance de l'État de droit (AED) du premier ministre sortant, le chiite Nouri al-Maliki (89). Un groupe de partis religieux chiites, l'Alliance nationale irakienne (ANI), était arrivée en troisième position (70).

M. Sistani avait déjà appelé en avril les partis à «accélérer la constitution d'un gouvernement capable d'assurer la sécurité et la stabilité», mais il n'avait jusqu'alors jamais averti de sa possible intervention directe.

Il n'est intervenu personnellement que deux fois dans le jeu politique irakien depuis le renversement de l'ex-président Saddam Hussein en 2003.

Avant les élections, il avait incité les électeurs à se rendre massivement aux urnes.

M. Khaffaf a démenti vendredi toute responsabilité du Grand Ayatollah dans la formation d'une coalition entre l'AED et l'ANI, qui peuvent compter sur le soutien des Kurdes pour obtenir une large majorité au Parlement.

«Les autorités religieuses n'ont joué aucun rôle dans cette alliance, et n'ont jamais parlé de cette question», a-t-il dit.