Ariel Castro, accusé d'avoir séquestré et violé pendant une décennie trois jeunes Américaines dans sa maison de Cleveland, a plaidé non coupable mercredi aux 977 chefs d'accusation qui pèsent contre lui, lors de sa comparution au tribunal du comté de Cuyahoga, en Ohio.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Un grand jury avait porté le nombre d'accusations contre l'ex-résidant de la désormais tristement célèbre rue Seymour, à Cleveland, à 977, vendredi, incluant 512 pour enlèvement, 446 pour viol et deux pour meurtre aggravé. 

Castro, qui a été placé sous surveillance anti-suicidaire et a gardé la tête baissée lors de toutes ses précédentes comparutions, est apparu mercredi devant le tribunal l'air hagard, semblant lutter pour garder les yeux ouverts.

En juin, l'homme de 53 ans avait déjà été accusé de 329 chefs d'accusation en lien avec la sordide histoire qui a bouleversé Cleveland.

Le montant de la caution réclamée à l'ex-chauffeur d'autobus scolaire pour qu'il retrouve sa liberté en attente de son procès demeure de 8 millions de dollars.

Avant l'audience, les avocats d'Ariel Castro, avaient expliqué qu'ils proposaient que leur client plaide coupable si l'accusation renonçait à la peine capitale.

Le tortionnaire de 53 ans risque la peine de mort s'il est reconnu coupable de meurtre aggravé pour avoir mis fin prématurément à la grossesse de l'une de ses victimes en ne la nourrissant pas et en la battant régulièrement.

Castro avait été arrêté début mai après qu'une de ses captives, Amanda Berry, 27 ans, fut parvenue à s'enfuir de la maison où elle était retenue avec deux autres jeunes femmes, Michelle Knight, 32 ans, et Gina DeJesus, 23 ans. Avec elles, vivait également la fille d'Amanda Berry, Jocelyn, six ans. Des analyses ADN ont confirmé que Castro était son père.

«Nous attendons avec impatience que cette affaire soit résolue pour épargner aux jeunes femmes la difficulté d'avoir à fournir des détails sur ces horribles événements au monde entier», a tenté de justifier l'avocat de la défense, Craig Weintraub, devant la presse après la brève comparution de l'accusé mercredi.

«Nous aurons soit un plaider-coupable soit un procès à partir du 5 août», a-t-il ajouté.

Pour le moment, l'acte d'accusation ne stipule pas formellement que les chefs retenus contre Castro puissent conduire à la peine de mort. Mais les avocats des victimes ont indiqué mercredi qu'ils se «réservaient le droit» de revenir plus tard avec un nouvel acte d'accusation contenant cette référence.

«Nous sommes toujours en train d'y réfléchir», avait expliqué aux journalistes Joseph Frolik, porte-parole du bureau du procureur.

-Avec CNN et Associated Press