Le premier ministre Stephen Harper a plaidé pour une intervention musclée de la communauté internationale en Libye auprès de plusieurs leaders occidentaux, au cours des derniers jours, et mandaté les diplomates canadiens en poste dans les principales capitales étrangères de faire valoir l'urgence d'intervenir pour éviter un bain de sang.

Mis à jour le 21 mars 2011
Joël-Denis Bellavance et Marc Thibodeau LA PRESSE

«Le premier ministre était convaincu que, plus les jours passaient, plus les chances augmentaient que Kadhafi réussisse à reprendre le terrain perdu et s'accroche ainsi au pouvoir. Il allait le faire en massacrant la population. La communauté internationale devait agir», a expliqué hier une source bien au fait des nombreux coups de fil passés par le premier ministre pour appuyer une intervention militaire.

Le quotidien britannique The Guardian a d'ailleurs rapporté hier que le premier ministre de la Grande-Bretagne, David Cameron, «a sollicité les conseils militaires du premier ministre canadien Stephen Harper, allié du G20 et homme ayant de l'influence à Washington».

Protéger la population

M. Harper a participé samedi, à Paris, à un sommet réunissant les dirigeants d'une vingtaine de pays, dont certains de l'Union européenne et de la Ligue arabe. À l'issue de ce sommet, le premier ministre a affirmé que la communauté internationale doit tout faire pour protéger la population libyenne.

«Nous traitons ici avec un régime qui ne serait pas satisfait de simplement réimposer son autorité sur le pays (...) Il massacrerait chaque individu soupçonné même vaguement de lui avoir manqué de loyauté», a relevé M. Harper.

Le premier ministre a affirmé, à la même occasion, que le régime libyen enfreignait par ses actions la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée jeudi.

«Le cessez-le-feu était un mensonge depuis le début. Toutes les indications sur le terrain vont dans le sens contraire», a ajouté M. Harper.

Après avoir obtenu un mandat de l'ONU et un appui arabe, une coalition avec à sa tête les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne est passée samedi à l'offensive en bombardant par air et par mer des objectifs militaires libyens pour tenter de stopper la répression de la révolte lancée le 15 février contre le régime du colonel Kadhafi.

La résolution prévoit notamment l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne ainsi que le recours à toute mesure nécessaire pour empêcher le régime libyen de s'en prendre aux populations civiles du pays.

M. Harper a indiqué qu'aucun pays n'avait l'intention de déployer de militaires en sol libyen, reprenant l'esprit de la résolution.

Le Canada a déployé six avions de chasse CF-18 dans la région, mais aucun d'entre eux n'a participé à la première journée d'offensive. Le ministre de la Défense, Peter MacKay, a indiqué samedi que les chasseurs canadiens seront en mesure de participer à une nouvelle offensive de la coalition d'ici «48 heures», donc à partir d'aujourd'hui. Les CF-18 sont partis de la base militaire de Bagotville vendredi et sont actuellement basés en Sicile.