Des officiers de l'ancienne armée libyenne ont défendu dimanche leur rôle dans la révolution qui a abouti à la chute du régime de Mouammar Kadhafi, réaffirmant leur «loyauté» à la nouvelle «Libye libre» et au Conseil national de transition (CNT, au pouvoir).

Publié le 16 oct. 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Officiers, sous-officiers et simples militaires ont combattu au côté des civils révolutionnaires, et ceci dès le début de la révolte» en février, a déclaré le général Ahmed al-Gotrani au cours d'une «Conférence préparatoire sur l'armée nationale» organisée à Benghazi, à l'est du pays.

«Nous avons soutenu les révolutionnaires avec notre expérience, nos conseils, mais également en fournissant armes et équipements», a affirmé le général al-Gotrani, disant s'exprimer au nom de «toute l'armée» devant un parterre d'environ 300 officiers supérieurs.

«Nos pilotes ont joué un rôle déterminant en remettant en marche des appareils cloués au sol depuis des années et en ralentissant la marche des forces de Kadhafi sur Benghazi le 19 mars», a-t-il souligné.

«Notre armée était méprisée et ignorée par le colonel Kadhafi», a rappelé le général, selon lequel «beaucoup de militaires sont morts et se sont sacrifiés pour la révolution».

«Quoi qu'en disent aujourd'hui certains responsables, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour aider la révolution. Comment peut-on nous accuser de complicité (avec l'ancien régime)?» s'est-il offusqué.

Les ex-militaires de l'armée de Kadhafi ralliés à la rébellion sont souvent considérés avec méfiance, et parfois même hostilité, par les brigades de volontaires civils, fers de lance de la révolution contre le colonel Kadhafi.

Des chefs de ces brigades accusent notamment ce soldats et officiers de passivité et de double-jeu, et certains refusent d'intégrer la nouvelle armée nationale en formation, dont l'encadrement est en majorité issu de l'ancienne armée.

Assurant ne pas agir «par ambition ou pour décrocher des postes», mais «dans le seul intérêt de la nation», le général al-Gotrani «a salué les rebelles qui ont commencé la révolution».

«Il est aujourd'hui de notre devoir de réformer l'armée», a-t-il poursuivi, acceptant «le principe que des civils jouent un rôle au sein de la future armée et y exercent des responsabilités».

Au cours de cette même conférence, une «déclaration de l'armée» en sept points a été rendue publique, qui réaffirme que «la loyauté de l'armée nationale va à la Libye et à son peuple».

«L'armée suit directement les autorités légitimes choisies par le peuple, et aujourd'hui représentées par le CNT», dit ce texte.

«Nous, militaires, qui avons rejoint la révolution depuis son début, déclarons qu'il n'y a pas de place parmi nous pour ceux qui ont du sang sur les mains, qui ont trahi ou déshonoré notre institution», ajoute-t-il.

«L'armée nationale n'a rien à voir avec la politique. Elle ne s'est jamais opposée aux révolutionnaires et ne le fera jamais», selon la déclaration.

«La révolution du 17 février (...) appartient à la nation dans son entier, et à aucune tribu ou groupe particulier (...). Nous n'accepterons aucune tentative de saboter la révolution et l'unité de la nouvelle Libye», conclut-elle.