Le gouvernement syrien a condamné lundi une opération multilatérale soutenue par le Canada qui a permis d'évacuer des centaines de secouristes civils du pays, la qualifiant de «processus criminel» visant à déstabiliser la Syrie.

ASSOCIATED PRESS

Les autorités syriennes estiment depuis longtemps que les Casques blancs, un groupe de recherche et de sauvetage de la défense civile, constituent une organisation terroriste.

Le groupe s'est fait connaître à travers le monde en filmant ses opérations pour sauver les civils touchés par les frappes aériennes. Le régime syrien estime que ces vidéos sont des mises en scène.

Les Casques blancs, qui doivent leur nom à leur couvre-chef facile à repérer, sont des bénévoles ayant reçu des éloges et du soutien du Canada et d'autres pays occidentaux pour leur rôle de premiers répondants et de travailleurs humanitaires dans la sanglante guerre civile qui déchire la Syrie depuis 2011.

Le gouvernement canadien a versé 7,5 millions $ aux Casques blancs au cours des deux dernières années afin d'aider l'organisation civile à recruter et à former de nouveaux membres, plus particulièrement des femmes.

Samedi, plus de 400 Casques blancs et des membres de leur famille ont été évacués de la province syrienne de Quneitra par l'armée israélienne vers la Jordanie.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a estimé qu'il s'agissait d'une «opération de contrebande» qui prouve selon lui l'existence d'une conspiration occidentale visant à renverser le gouvernement de Bachar el-Assad.

Une rare coordination internationale

Cette opération de sauvetage sans précédent a été organisée par le Canada, le Royaume-Uni et l'Allemagne avec le soutien d'Israël, de la Jordanie, des États-Unis et de l'ONU.

Les Casques blancs et leur famille devraient être réinstallés au Canada et dans certains pays d'Europe, notamment en Allemagne.

Le Canada a offert d'accueillir jusqu'à 50 Casques blancs, a confirmé à La Presse canadienne un représentant du gouvernement fédéral sous le couvert de l'anonymat. Si l'on ajoute à ce nombre les proches des bénévoles, le total pourrait avoisiner les 250 personnes.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a révélé dimanche que le premier ministre canadien, Justin Trudeau, et le président des États-Unis, Donald Trump, figuraient parmi les leaders de la communauté internationale ayant demandé à Israël de secourir les Casques blancs durant le récent sommet de l'OTAN à Bruxelles.

L'opération qui a suivi a permis à l'armée israélienne d'évacuer des centaines de personnes vers la Jordanie. Les autorités jordaniennes avaient initialement annoncé que 800 Syriens avaient été secourus, mais ce nombre a plus tard été revu à la baisse pour atteindre 425.

La date d'arrivée des Syriens en sol canadien demeure floue. Les Casques blancs évacués devraient rester dans un camp de réfugiés des Nations unies pendant au moins trois mois, le temps que leur dossier soit traité.